Ignace d’An­tioche. Agir en conséquence

At­tri­bué à Jean Apa­kass, XVIIe s.
Ignace d’An­tioche dans la fosse aux lions
Mu­sée des beaux-arts Pou­ch­kine, Moscou 

« Priez sans cesse » (1Th 5, 17) pour les autres, car on peut es­pé­rer les voir ar­ri­ver à Dieu par la conversion.

Per­met­tez-leur au moins d’être en­sei­gnés par vos ac­tions. À leurs co­lères, vous, op­po­sez la dou­ceur, à leur van­tar­dise l’humilité, à leurs blas­phèmes les prières, à leurs er­reurs la fer­me­té de la foi, à leur sau­va­ge­rie la ci­vi­li­té, sans cher­cher à les imiter.

Soyons leurs frères par la bon­té. Cher­chons à être des imi­ta­teurs du Sei­gneur : qui da­van­tage a su­bi l’injustice ? le dé­pouille­ment ? le mé­pris ? pour qu’aucune herbe du diable ne se trouve par­mi vous, mais qu’en toute pu­re­té et tem­pé­rance, vous de­meu­riez, de chair et d’esprit, en Jésus-Christ.

Mieux vaut se taire et être que de par­ler sans être. Il est bon d’enseigner, si ce­lui qui parle agit. Il n’y a donc qu’un seul en­sei­gnant, ce­lui qui « a dit et a fait » (Ps 32, 9) et ce qu’il a fait dans le si­lence est digne de son Père. Ce­lui qui pos­sède vé­ri­ta­ble­ment la pa­role de Jé­sus peut en­tendre même son si­lence, afin d’être par­fait, c’est-à-dire d’agir par sa pa­role et d’être re­con­nu par son silence.

Rien n’échappe au Sei­gneur. Nos se­crets mêmes sont près de lui. Fai­sons donc tout en nous sou­ve­nant qu’il ha­bite en nous. Nous se­rons ain­si ses temples et il se­ra en nous notre Dieu, ce qu’il est en ef­fet, et qui ap­pa­raî­tra de­vant notre face si nous l’aimons se­lon ce qui est juste.

Ignace d’An­tioche (~35 – 107), Lettre aux Éphé­siens, X et XV
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