Olivier Abel. Vulnérabilité et insécurité

Dans le sentiment contemporain de vulnérabilité, d’insécurité, les cadres de la durabilité même semblent attaqués : le monde naturel, qui semblait inébranlable dans ses équilibres, la vie, qui semblait inépuisable dans ses ressources, nous apparaissent radicalement menacées, vulnérables, périssables.

Roberto Andorno. L’homme, image de Dieu

Nous savons bien – et cela n’est pas une simple hypothèse métaphysique – que nous sommes des êtres contingents, que chacun de nous aurait pu ne pas exister car, absolument parlant, rien ne l’exigeait. Nous savons aussi que nous sommes des êtres mortels, que notre vie présente aura certainement une fin, et cela, dans un délai extrêmement court.

Marc Anglaret. La démocratie

Étymologiquement, le terme « démocratie » désigne un type de régime politique dans lequel c’est le peuple (dèmos) qui détient le pouvoir (kratos). Or cette étymologie correspond certes à la démocratie participative, fort rare et toujours à une échelle réduite (la municipalité de Porto Alegre par exemple), mais pas à ce qu’on entend habituellement par démocratie, la démocratie représentative.

Marc Anglaret. La famille

La famille semble être une forme naturelle de groupement des individus. Les bêtes, et notamment celles dont nous sommes manifestement les plus proches, ne vivent-elles pas elles aussi souvent en famille ? Rousseau n’a-t-il pas dit que « la plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle est celle de la famille » ?

Marc Anglaret. Conscience et humilité

L’histoire des idées donne des illustrations fort intéressantes de l’humilité. La position philosophique qui est probablement la plus humble n’a rien de religieux : il s’agit du scepticisme qui, dans sa forme la plus extrême, soutient que la faiblesse de l’esprit de l’homme est telle qu’il ne peut parvenir à aucune certitude.

Marc Anglaret. Un monde sans frontière ?

Pour beaucoup, l’idée de « frontière » évoque spontanément celle, négative, de « limite ». Les frontières seraient, par définition pourrait-on dire, ce qu’il faut abolir. On oublie souvent alors de préciser de quelles frontières il s’agit : géographiques, politiques, culturelles ?

Avoir des racines et tendre vers un mieux

Pour reprendre la métaphore des racines dans la nature, les mauvaises herbes ont aussi des racines. Elles peuvent pourrir sur des sols argileux ou se propager à grande vitesse et asphyxier le reste de la végétation. Autrement dit, n’encensons pas la nation, le terroir, la communauté, la famille.

Aristote. Le meilleur juge est souvent l’utilisateur

Un choix correct est l’affaire de ceux qui savent; par exemple choisir un géomètre est l’affaire de ceux qui savent la géométrie, choisir un pilote, de ceux qui savent le pilotage. Car si certains travaux ou certains arts sont quelquefois pratiqués par des hommes étrangers à ces professions, toujours est-il que c’est plutôt le fait de ceux qui savent.

Aristote. Liberté en démocratie

Le principe de base de la constitution démocratique c’est la liberté [c’est, en effet, ce qu’on a coutume de dire, parce que c’est seulement dans une telle constitution que les citoyens ont la liberté en partage; c’est à cela, en effet, que tend, dit‑on, toute démocratie], et l’une des formes de la liberté c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant.

Saint Augustin. Ton aujourd’hui, c’est l’éternité

Si quelque esprit léger s’égare dans les vaines imaginations de temps antérieurs, et s’étonne que toi, Dieu tout-puissant, créateur et conservateur de toutes choses, architecte du ciel et de la terre, sois demeuré dans l’inaction pendant des siècles innombrables avant d’entreprendre ce merveilleux ouvrage, qu’il se réveille et ne s’étonne que de ses propres illusions.

Saint Augustin. Le statut de l’avenir

Lorsqu’on déclare voir l’avenir, ce que l’on voit, ce ne sont pas les événements eux-mêmes, qui ne sont pas encore, autrement dit qui sont futurs, ce sont leurs causes ou peut-être les signes qui les annoncent et qui les uns et les autres existent déjà : ils ne sont pas futurs, mais déjà présents aux voyants et c’est grâce à eux que l’avenir est conçu par l’esprit et prédit.

Saint Augustin. Le temps, en nous ou hors de nous ?

Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais : mais que je veuille l’expliquer à la demande, je ne le sais pas ! Et pourtant – je le dis en toute confiance – je sais que si rien ne se passait il n’y aurait pas de temps passé, et si rien n’advenait, il n’y aurait pas d’avenir, et si rien n’existait, il n’y aurait pas de temps présent.

Charles Baudelaire. Nature et culture

La nature n’enseigne rien. C’est elle aussi qui pousse l’homme à tuer son semblable, à le manger, à le séquestrer, à le torturer; car sitôt que nous sortons de l’ordre des nécessités et des besoins pour entrer dans celui du luxe et des plaisirs, nous voyons que la nature ne peut conseiller que le crime.

Jean Baudrillard. Le désir est-il pervers?

La perversion sexuelle consiste dans le fait de ne pouvoir saisir l’autre comme objet de désir dans sa totalité singulière de personne, mais seulement dans le discontinu : l’autre se transforme en le paradigme des diverses parties érotiques de son corps, avec cristallisation objectale sur l’une d’entre elles.

Henri Bergson. L’art dévoile le réel

Qu’est ce que l’artiste ? C’est un homme qui voit mieux que les autres car il regarde la réalité nue et sans voile. Voir avec des yeux de peintre, c’est voir mieux que le commun des mortels. Lorsque nous regardons un objet, d’habitude, nous ne le voyons pas, parce que ce que nous voyons, ce sont des conventions interposées entre l’objet et nous.

Henri Bergson. L’art : une certaine vision des choses

Les grands peintres sont des hommes auxquels remonte une certaine vision des choses qui est devenue ou qui deviendra la vision de tous les hommes. Un Corot, un Turner, pour ne citer que ceux-là, ont aperçu dans la nature bien des aspects que nous ne remarquions pas. Dira-t-on qu’ils n’ont pas vu, mais créé, qu’ils nous ont livré des produits de leur imagination.

Henri Bergson. La finalité de l’art

A quoi vise l’art, sinon à nous montrer, dans la nature et dans l’esprit, hors de nous et en nous, des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience ? Le poète et le romancier qui expriment un état d’âme ne le créent certes pas de toutes pièces; ils ne seraient pas compris de nous si nous n’observions pas en nous, jusqu’à un certain point, ce qu’ils nous disent d’autrui.

Henri Bergson. Joie et création

Les philosophes qui ont spéculé sur la signification de la vie et sur la destinée de l’homme n’ont pas assez remarqué que la nature a pris la peine de nous renseigner là-dessus elle-même. Elle nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. Je dis la joie, je ne dis pas le plaisir.

Henri Bergson. Quel est l’objet de l’art ?

Quel est l’objet de l’art ? Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l’art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes, car notre âme vibrerait alors continuellement à l’unisson de la nature.

Henri Bergson. Le temps s’écoule

Le propre du temps est de s’écouler; le temps déjà écoulé est le passé, et nous appelons présent l’instant où il s’écoule. Mais il ne peut être question ici d’un instant mathématique. Sans doute il y a un présent idéal, purement conçu, limite indivisible qui séparerait le passé de l’avenir. Mais le présent réel, concret, vécu, celui dont je parle quand je parle de ma perception présente, celui-là occupe nécessairement une durée.

Henri Bergson. La durée toute pure

La durée toute pure est la forme que prend la succession de nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il s’abstient d’établir une séparation entre l’état présent et les états antérieurs. Il n’a pas besoin, pour cela, de s’absorber tout entier dans la sensation ou l’idée qui passe, car alors, au contraire, il cesserait de durer.

Henri Bergson. La création de soi par soi

L’effort est pénible, mais il est aussi précieux, plus pré­cieux encore que l’œuvre où il aboutit, parce que, grâce à lui, on a tiré de soi plus qu’il n’y avait, on s’est haussé au-dessus de soi-même. Or, cet effort n’eût pas été possible sans la matière : par la résistance qu’elle oppose et par la docilité où nous pouvons l’amener, elle est à la fois l’obstacle, l’instrument et le stimulant.

Christian Bobin. Voir le monde apparaître

Les moments les plus lumineux de ma vie sont ceux où je me contente de voir le monde apparaître. Ces moments sont faits de solitude et de silence. Je suis allongé sur un lit, assis à un bureau ou marchand dans la rue. Je ne pense plus à hier et demain n’existe pas. Je n’ai plus aucun lien avec personne et personne ne m’est étranger.

Joseph Bocheński. Qu’est-ce que l’autorité ?

Que ce passe-t-il dans la tête de ceux qui critiquent systématiquement l’autorité en général, l’Église en particulier ? Je pense que la critique systématique est souvent facile, lorsqu’elle engage peu. Les mêmes personnes sont plus silencieuses devant des combats et des critiques plus risqués, en politique ou dans le monde du travail par exemple, le travail concret qui nous fait vivre.

Étienne de La Boétie. L’amitié est entre-connaissance

Le besoin et la capacité de s’entre-connaître est une des caractéristiques fondamentales de l’être humain. Le besoin et la capacité d’être libre ne peuvent se comprendre que comme l’effet ou la condition d’une caractéristique naturelle plus fondamentale qui conduit les hommes à se parler, à se parler d’eux-mêmes, à se parler de ce qui les habite au plus profond.

Pierre Bourdieu. L’opinion publique n’existe pas

Le sondage d’opinion est dans, dans l’état actuel, un instrument d’action politique; sa fonction la plus importante consiste peut-être à imposer l’illusion qu’il existe une opinion publique comme sommation purement additive d’opinions individuelles. Or la compétence politique n’est pas universellement répandue. Elle varie grosse modo comme le niveau d’instruction.

Roger Caillois. Qu’est-ce qui est sacré ?

Est sacré l’être, la chose ou l’idée à quoi l’homme suspend toute sa conduite, ce qu’il n’accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu’il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix. Pour le passionné, c’est la femme qu’il aime; pour l’artiste ou le savant, l’œuvre qu’ils poursuivent.

François Cheng. La beauté

En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voir provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal, la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face.

Philippe Chèvre. Pardonner

Victimes d’une action offensante ou lâche, nous pensons qu’un jour ou l’autre il faudra bien pardonner. Souvent nous envisageons, à tort, de faire table rase. Nous nous y exerçons parfois, mais sans résultat durable. La mémoire résiste. Alors soit nous nous décourageons : « Il m’est vraiment impossible de pardonner ? » Soit, par facilité, nous occultons les faits.

▷ Philippe Chèvre. Faut-il vraiment souffrir ?

La souffrance n’est pas la douleur. Paul Ricoeur s’accorde donc pour réserver le terme douleur à des affects ressentis comme localisés dans des organes particuliers du corps ou dans le corps tout entier, et le terme souffrance à des affects ouverts sur la réflexivité, le langage, le rapport à soi, le rapport à autrui, le rapport au sens, au questionnement.

Philippe Chèvre. La théorie de la « double-vérité »

Au début du XIIIe siècle, la philosophie d’Aristote suscitait la méfiance de bien des théologiens. En 1215, le légat Robert de Courson condamne à Paris deux hérétiques et, indirectement, deux doctrines : celle de Jean Scot Erigène et celle d’Aristote. Les autorités religieuses permettent d’étudier la logique d’Aristote, mais non la métaphysique et la physique.

Jean-Louis Chrétien. Communiquer qui je suis

La connaissance qu’on peut prendre de moi indépendamment de toute communication et celle que je donne à l’autre par la communication peuvent bien être identiques par leur contenu, elles ne font pas pour autant double emploi puisque l’une consiste à traiter la personne comme un être qui est devant moi sans être avec moi.

Jean-Louis Chrétien. Oubli et confiance

Ce qui de mon passé m’échappe, les autres peuvent s’en souvenir. Accepter l’oubli, c’est aussi accepter que je ne sois pas le seul à me souvenir de moi, ni moi seul le lieu où je puisse me saisir moi-même. Accepter l’oubli, c’est aussi m’en remettre à l’autre de mon oublieuse mémoire, croire sa parole sur ce que je ne puis voir ni revoir.

Daniel Cordonier. Le masque social

Le masque social représente le visage que nous montrons aux autres. Il les aide à nous identifier et nous permet de vivre en société. Malheureusement, de nombreuses personnes laissent leur masque prendre le pouvoir sur leur personnalité réelle. Elles ne sont plus alors que des coquilles vides et perdent sans s’en rendre compte leur liberté de décision.

Cicéron. Summum jus, summa injuria

Il y a fréquemment des injustices consistant à chercher chicane aux gens et à interpréter subtilement le droit. De là, cette maxime devenue proverbe : « summum ius, summa injuria ». Beaucoup d’actes immoraux de cette sorte se commettent au nom de l’intérêt public.

Éric Delassus. Souffrance et jouissance chez Spinoza

Dans un texte célèbre de la IVe partie de l’ « Éthique 3 », Spinoza critique avec une certaine véhémence les contempteurs du plaisir qui prétendent interdire toute forme de jouissance en se réclamant de la volonté divine qui exigerait de ses créatures qu’elles renoncent aux joies que pourraient leur procurer la création.

Démocrite. Désirs et plaisirs

· Pour tous les hommes, le bien et le vrai sont semblables; l’agréable varie avec les individus.
· Désirer avec excès, c’est agir en enfant, non en homme.
· Des plaisirs intempestifs provoquent le dégoût.
· Désirer violemment une chose, c’est rendre son âme aveugle pour le reste.
· Le désir se justifie quand il poursuit sans excès ce qui est beau.

René Descartes. La vraie générosité

Ainsi je crois que la vraie générosité, qui fait qu’un homme s’estime au plus haut point qu’il se peut légitimement estimer, consiste seulement partie en ce qu’il connaît qu’il n’y a rien qui véritablement lui appartienne que cette libre disposition de ses volontés [ie son libre arbitre], ni pourquoi il doive être loué ou blâmé sinon pour ce qu’il en use bien ou mal.

René Descartes. La philosophie nous est-elle utile ?

J’aurais ensuite fait considérer l’utilité de cette philosophie, et montré que, puisqu’elle s’étend à tout ce que l’esprit humain peut savoir, on doit croire que c’est elle seule qui nous distingue des plus sauvages et barbares, et que chaque nation est d’autant plus civilisée et polie que les hommes y philosophent mieux.

Jean-Baptiste Dubos. Contrefaire le génie des grands ?

On imite la main d’un autre, mais on n’imite pas de même, pour parler ainsi, son esprit, et l’on n’apprend point à penser comme un autre, ainsi qu’on peut apprendre à prononcer comme lui. Le peintre médiocre qui voudrait contrefaire une grande composition du Dominiquin (Domenico Zampieri) ou de Rubens, ne saurait imposer.

▷ Michaël Edwards. L’émerveillement

Au lieu de supposer que l’émerveillement est le propre des enfants et des ingénus, une émotion agréable et passagère dont on se défait en comprenant l’objet qui l’a provoqué ou en revenant aux choses sérieuses, Michael Edwards invite à penser qu’il n’y a rien de plus adulte ni de plus sérieux que de s’émerveiller.

Épictète. l'opinion de chacun et la vérité

Voici le point de départ de la philosophie : la conscience du conflit qui met aux prises les hommes entre eux, la recherche de l’origine de ce conflit, la condamnation de la simple opinion et la défiance à son égard, une sorte de critique de l’opinion pour déterminer si on a raison de la tenir, l’invention d’une norme.

Épictète. Ce qui dépend de nous

Parmi les choses, les unes dépendent de nous, les autres n’en dépendent pas. Celles qui dépendent de nous, ce sont l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion: en un mot tout ce qui est notre œuvre. Celles qui ne dépendent pas de nous, ce sont le corps, les biens, la réputation, les dignités : en un mot tout ce qui n’est pas notre œuvre.

Épictète. Le désir aliène et rend malheureux

Pour être libre, refuser le mal et renoncer provisoirement aux désirs.
Souviens-toi de ceci : quand on désire, on veut obtenir l’objet de son désir et quand on refuse, on veut ne pas avoir ce que l’on refuse; qui manque l’objet de son désir n’est pas heureux et qui obtient ce qu’il refuse est malheureux.

Épicure. Philosopher à tout âge

Quand on est jeune il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser d’en poursuivre l’étude. Car personne ne peut soutenir qu’il est trop jeune ou trop vieux pour acquérir la santé de l’âme.

Éric Fiat. Affronter l’angoisse et le tragique en fin de vie

Un effort pour rendre le tragique moins tragique : telle est notre définition de l’éthique, définition qui indique assez que nous ne pensons certes pas qu’il puisse jamais exister une éthique qui mette fin au tragique. Car il y a dans toute vie une part de tragique, et qu’elle se manifeste tout particulièrement dans les derniers moments n’a rien qui doive surprendre.

Eric Fiat. Mensonge et éthique

La tradition philosophique, pour laquelle nous éprouvons gratitude et reconnaissance, a bien souvent présenté le philosophe comme l’homme ami du vrai. Pour Platon déjà, le mensonge était un crime contre la philosophie, et le philosophe, ami du savoir (philosophos), devait l’être également de la vérité (philalethes).

Michel Foucault. La position du maître

Ce qui définit la position du maître, c’est que ce dont il se soucie, c’est du souci que celui qu’il guide peut avoir de lui-même. A la différence du professeur, il ne se soucie pas d’apprendre à celui qu’il guide des aptitudes et des capacités, il ne cherche pas à lui apprendre à parler, à l’emporter sur les autres.

Sigmund Freud. Le moi tiraillé

Un adage nous déconseille de servir deux maîtres à la fois. Pour le pauvre moi la chose est bien pire, il a à servir trois maîtres sévères et s’efforce de mettre de l’harmonie dans leurs exigences. Celles-ci sont toujours contradictoires et il paraît souvent impossible de les concilier; rien d’étonnant dès lors à ce que souvent le moi échoue dans sa mission. Les trois despotes sont le monde extérieur, le surmoi et le ça.

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