Ter­tul­lien. Recom­man­da­tion pour la prière

André Thé­vet (1504-1592)
Por­trait de Ter­tul­lien (1594)
BM Lyon


17 Comme la modes­tie et l’humilité sont les meilleures recom­man­da­tions auprès de Dieu, il ne nous faut pas lever les mains trop haut, quand nous prions mais les tenir à une hau­teur juste et conve­nable, ni lever la tête avec trop de har­diesse. Rap­pe­lons-nous que le publi­cain qui priait éga­le­ment par l’hu­mi­li­té du visage et de la pos­ture s’en est allé plus jus­ti­fié que l’or­gueilleux pha­ri­sien. (cf. Lc 18, 14) Le ton de notre voix doit éga­le­ment être dis­cret. Si nous pré­ten­dions nous faire entendre par la force de notre voix, quels pou­mons ne nous fau­drait-il pas ? Dieu n’é­coute pas la voix mais le cœur et le perce. Croyez-vous que Dieu ait besoin de cla­meur ? Com­ment la prière de Jonas, par­tie des flancs de la baleine, aurait-elle pu tra­ver­ser les entrailles du monstre, fran­chir la masse des abysses et par­ve­nir jus­qu’au ciel ? Le seul effet de ceux qui élèvent la voix n’est-il pas de déran­ger les voisins ?

23 Le dimanche est le jour de la Résur­rec­tion du Sei­gneur. Donc, ce jour-là seule­ment, évi­tons à la fois de nous mettre à genoux et toutes les atti­tudes et les cou­tumes qui expriment la tris­tesse. Lais­sons aus­si de côté nos occu­pa­tions ordi­naires pour ne pas don­ner à l’Es­prit du mal l’oc­ca­sion de nous faire tom­ber. Fai­sons la même chose de Pâques à la Pen­te­côte : ce temps est mis à part comme une unique grande fête pleine de joie.

Ter­tul­lien (~160 — ~220), Notre Père 17, 23
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