Cog­huf. Cha­pelle Sainte-Anne, Met­tem­bert (1970)

> Louis Bro­quet (1888-1954),2 Ô Ma­rie, Reine des cieux
En­semble vo­cal No­van­ti­qua, dir. Ber­nard Héritier 

Cog­huf (1905-1976) 1
Vi­traux de la Cha­pelle Saint-Anne, Met­tem­bert / CH (1970)

Pré­sence éclatée

Ce vi­trail de Cog­huf s’éloigne de la re­pré­sen­ta­tion fi­gu­ra­tive tra­di­tion­nelle pour ex­plo­rer un lan­gage abs­trait, fait de formes frag­men­tées, de lignes bri­sées et de cou­leurs vi­brantes. Il ex­prime une ten­sion spi­ri­tuelle profonde.

La lu­mière y tra­verse la ma­tière comme une pré­sence di­vine : les rouges évoquent le sa­cri­fice, le vert l’espérance, le vio­let le mys­tère, et le blanc la trans­cen­dance. Le vi­trail ne donne pas à voir mais à pres­sen­tir. Il sug­gère une croix écla­tée, une in­car­na­tion dis­per­sée, ou en­core un mys­tère tri­ni­taire entre ombre et lu­mière.
Ce vi­trail ne montre rien. Il ré­vèle. C’est une brèche dans le mur par où Dieu peut en­core entrer.

Mys­tère de lumière

Ce vi­trail se com­pose d’une bande ver­ti­cale struc­tu­rée au­tour d’une fi­gure lu­mi­neuse et de formes sombres à sa gauche. Il sug­gère une pro­gres­sion spi­ri­tuelle : de l’obscurité ori­gi­nelle à la clar­té de l’incarnation.

Une sil­houette blanche sty­li­sée, presque hu­maine, semble se pen­cher comme Ma­rie ou Anne. Les teintes s’organisent en une ver­ti­cale tri­ni­taire : or flam­boyant (di­vi­ni­té), blanc lu­mi­neux (in­car­na­tion), bleu pro­fond (bap­tême ou source).

Le vi­trail in­vite à une contem­pla­tion si­len­cieuse, une prière in­té­rieure. Il ne pro­pose pas d’image à voir, mais un pas­sage à fran­chir. Il est bles­sure ou­verte à la lu­mière. C’est dans la bri­sure que se fau­file le divin.

De l’ombre vers la clarté

Ce vi­trail élan­cé se lit comme une mon­tée. Sa struc­ture ver­ti­cale marque un iti­né­raire spi­ri­tuel : de­puis la den­si­té rouge et vio­lette de la base (souf­france, condi­tion hu­maine), jusqu’à l’or, le bleu et le blanc du som­met (ré­sur­rec­tion, lu­mière di­vine).

C’est une mon­tée mys­tique, une as­cen­sion de l’âme, un pas­sage de l’ombre vers la clar­té, du chaos vers la transfiguration.

Ce vi­trail de Cog­huf se lit comme une mon­tée si­len­cieuse. Une prière de verre, sans mot, mais qui élève l’âme.

1 Sur un flanc de co­teau en­so­leillé, dans son écrin de ver­dure, Met­tem­bert peut s’e­nor­gueillir de vi­traux de Cog­huf (1905-1976) qui ornent sa cha­pelle Sainte-Anne. Un maître de la ma­tière domp­tée, des mou­ve­ments amples, har­dis et souples, de la cou­leur gé­né­reuse et so­lide, mais tou­jours nuan­cée, palpitante.

Lu­cer­nois d’o­ri­gine et bâ­lois né en 1905, il est le frère ca­det de Hans Sto­cker. De 1920 à 1924, il suit une for­ma­tion de ser­ru­rier d’art et en­tre­prend des es­sais sculp­tu­raux avec Louis We­ber. De 1925 à 1927, il sé­journe à Pa­ris avec son frère et tra­vaille comme ser­ru­rier d’art. En1926, sous le pseu­do­nyme de Cog­huf, il se tourne en­tiè­re­ment vers la pein­ture après avoir ren­con­tré le peintre tu­ni­sien Jules Le­louche. En 1928, il de­vient membre du nou­veau groupe d’ar­tistes Rot-Blau II. A par­tir de 1927, il réa­lise des pein­tures mu­rales sur des bâ­ti­ments pu­blics, dont le ta­bleau Mou­ve­ment pour la poste prin­ci­pale de Bâle. Plu­sieurs sé­jours à l’é­tran­ger sui­virent, entre autres de 1931 à 1932 à Pa­ris à l’A­ca­dé­mie de la Grande Chau­mière. En 1934, il est l’un des co-fon­da­teurs du groupe d’ar­tistes éphé­mères BBZ 8. En 1935 il s’ins­talle aux Franches-Mon­tagnes : de 1946 à 1976 à Mu­riaux. A par­tir de 1957, il des­sine plu­sieurs vi­traux, des ta­pis­se­ries et des émaux. Il meurt à Mu­riaux le 13 fé­vrier 1976.

Lu­cer­nois d’o­ri­gine et bâ­lois né en 1905, il est le frère ca­det de Hans Sto­cker. De 1920 à 1924, il suit une for­ma­tion de ser­ru­rier d’art et en­tre­prend des es­sais sculp­tu­raux avec Louis We­ber. De 1925 à 1927, il sé­journe à Pa­ris avec son frère et tra­vaille comme ser­ru­rier d’art. En1926, sous le pseu­do­nyme de Cog­huf, il se tourne en­tiè­re­ment vers la pein­ture après avoir ren­con­tré le peintre tu­ni­sien Jules Le­louche. En 1928, il de­vient membre du nou­veau groupe d’ar­tistes Rot-Blau II. A par­tir de 1927, il réa­lise des pein­tures mu­rales sur des bâ­ti­ments pu­blics, dont le ta­bleau Mou­ve­ment pour la poste prin­ci­pale de Bâle. Plu­sieurs sé­jours à l’é­tran­ger sui­virent, entre autres de 1931 à 1932 à Pa­ris à l’A­ca­dé­mie de la Grande Chau­mière. En 1934, il est l’un des co-fon­da­teurs du groupe d’ar­tistes éphé­mères BBZ 8. En 1935 il s’ins­talle aux Franches-Mon­tagnes : de 1946 à 1976 à Mu­riaux. A par­tir de 1957, il des­sine plu­sieurs vi­traux, des ta­pis­se­ries et des émaux. Il meurt à Mu­riaux le 13 fé­vrier 1976.

1952

2 Bio­gra­phie
Louis Bro­quet (1888-1954)
For­ma­tion mu­si­cale à l’Ab­baye de Saint-Mau­rice en Va­lais avec Au­guste Sé­rieyx (théo­rie) et Ar­min Sid­ler (orgue), maître de cha­pelle de l’ab­baye de 1918 à 1954. Com­po­si­teur es­sen­tiel­le­ment vo­cal et nour­ri de la pen­sée de Cé­sar Franck et d’Au­guste Sé­rieyx, ce ju­ras­sien laisse un ca­ta­logue de plus de 1230 nu­mé­ros (messes, chœurs d’­hommes, chœurs mixtes, mu­sique de chambre, pia­no, orgue). On lui doit plu­sieurs œuvres de cir­cons­tance dont Terres Ro­mandes (1937) sur un texte de Louis Pon­cet et la Can­tate du Rhône (1953) sur un texte de Mau­rice Zermatten.

Dic­tion­naire his­to­rique de la Suisse