Juin et vi­trail du zo­diaque, Chartres

Ano­nyme, Sal­ta­rel­lo, Ma­nus­crit de Londres, XIVe s., Bri­tish Li­bra­ry
En­semble Mu­si­ca Vagantium

Juin et signe du Can­cer
Vi­trail du Zo­diaque (1217-1220)
Ca­thé­drale de Chartres

Signe zo­dia­cal du 22 juin au 22 juillet

Un pay­san fauche le foin. Il porte un cha­peau pour se pro­té­ger du so­leil. Der­rière lui se trouve un pa­nier où l’on de­vine une pierre à ai­gui­ser, qui doit être conser­vée dans un ré­ci­pient plein d’eau, et pro­ba­ble­ment aus­si le né­ces­saire pour mar­te­ler la lame : la pierre doit être em­ployée toutes les de­mi-heures, et le mar­teau quo­ti­dien­ne­ment. La faux est dé­jà d’as­pect mo­derne, mais ne dis­pose pas d’une poi­gnée au bout du manche.

Le Can­cer re­çoit sou­vent un trai­te­ment gra­phique sur­pre­nant. Ici c’est as­sez clas­si­que­ment un crabe, mais sa tête ca­ri­ca­tu­rale et presque si­miesque tire la langue.

Sym­bo­li­que­ment il s’a­git pro­ba­ble­ment d’un rap­pel de ce que à mi-par­cours de l’an­née, le dé­mon reste me­na­çant tant que l’on n’a pas re­joint le terme su­pé­rieur, le Dieu « chro­no­cra­tor ». In­ver­se­ment, cet ani­mal qui change de ca­ra­pace an­nuel­le­ment est sym­bole de mé­ta­mor­phose, donc peut rap­pe­ler la né­ces­si­té de la conver­sion per­son­nelle dans la vie chrétienne.

Paul, Jean et Her­man de Lim­bourg
Très Riches Heures du duc de Ber­ry, juin (1412-1416)
Mu­sée Condé, Chantilly

C’est une illus­tra­tion des tra­vaux pay­sans avec une scène de fe­nai­son. Tan­dis qu’au pre­mier plan une femme râ­telle du foin et qu’une autre le met en meule à l’aide d’une fourche, trois fau­cheurs forment des an­dains au se­cond plan à droite. D’autres per­son­nages mi­nus­cules sont re­pré­sen­tés dans une barque sur le fleuve, dans l’es­ca­lier me­nant à la po­terne et dans l’es­ca­lier cou­vert à l’in­té­rieur du pa­lais. La scène se dé­roule en bor­dure de Seine, dans un champ si­tué à l’emplacement de l’­hô­tel de Nesle, ré­si­dence pa­ri­sienne du duc de Ber­ry. De l’autre cô­té du fleuve s’é­tend dans toute sa lon­gueur le pa­lais de la Ci­té, avec suc­ces­si­ve­ment les jar­dins du roi, la Salle sur l’eau, les trois tours Bon­bec, d’Argent et Cé­sar, puis la tour de l’­Hor­loge. Der­rière la ga­le­rie Saint-Louis au centre, les deux pi­gnons de la Grande Salle, le Lo­gis du roi et la tour Mont­go­me­ry. À droite, la Sainte-Chapelle.

Le Maître de Mar­gue­rite d’Or­léans
Mois de juin
Livre d’­heures de Mar­gue­rite d’Or­léans (~1430), BnF

C’est en juin, plus ra­re­ment en juillet, que le pay­san coupe son foin à la faux. Par­fois le fau­cheur est mon­tré en train d’ai­gui­ser son ou­til. Dans cer­tains cycles da­tant de la fin du Moyen Âge, des femmes tissent et ras­semblent à la fourche l’­herbe cou­pée, ou en­core des pay­sans édi­fient des meules de foin. L’­herbe des prai­ries ar­ti­fi­cielles joue un rôle ca­pi­tal pour nour­rir les bêtes du­rant l’­hi­ver. Ici, l’en­lu­mi­neur a fi­gu­ré le fau­cheur sur un fond or qui évoque à la fois le so­leil brû­lant de juin et la pro­messe des mois­sons. L’­herbe, en re­vanche, est d’un vert réa­liste, sur le­quel tranche le jaune paille du foin. Son cos­tume est plei­ne­ment adap­té au tra­vail : les che­veux pro­té­gés d’un linge dra­pé et noué sur la nuque, court vê­tu, pieds et jambes nus ; un cof­fin, ac­cro­ché à sa cein­ture, contient la pierre à ai­gui­ser la faux. À l’ar­rière-plan, sus­pen­dus à une fourche de bois plan­tée dans le champ, une be­sace et un ton­ne­let contiennent de quoi sus­ten­ter et abreu­ver le pay­san fatigué.

Le mé­daillon in­fé­rieur contient le signe zo­dia­cal du mois, le can­cer, des­si­né en vue ver­ti­cale sur une eau brune on­dée et agi­tée de tour­billons en volutes.

Jean Lur­çat (1892-1966)
Les signes du zo­diaque, Le Can­cer (1959)
Mu­sée na­tio­nal des beaux-arts du Québec

Hans Er­ni (1909-2015)
Can­cer (1980)

His­toire
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Ca­len­driers ro­main, ju­lien et grégorien