▷ M.-A. Char­pen­tier. Conser­va me, Do­mine (Ps 15)

Marc-An­toine Char­pen­tier (1643-1704), Conserr­va me, Do­mine (Ps 15)
Choir of New College,Oxford, dir, Ed­ward Hig­gin­bot­tom a

Marc Cha­gall (1887-1985)
Le roi Da­vid b (1962-1963)
Col­lec­tion privée

Psaume de ce dimanche

Ps 15
1 Conser­va me, Do­mine,
quo­niam spe­ra­vi in te.

Dixi Do­mi­no : Deus meus es tu,
quo­niam bo­no­rum meo­rum non eges.

Sanc­tis qui sunt in ter­ra ejus,
mi­ri­fi­ca­vit omnes vo­lun­tates meas in eis.

Mul­ti­pli­ca­tae sunt in­fir­mi­tates eo­rum :
pos­tea acceleraverunt. 

Non congre­ga­bo conven­ti­cu­la eo­rum
de san­gui­ni­bus,
nec me­mor ero no­mi­num eo­rum per la­bia mea.

Do­mi­nus pars hae­re­di­ta­tis meae, et ca­li­cis mei :
tu es qui res­ti­tues hae­re­di­ta­tem meam mihi.

Funes ce­ci­de­runt mi­hi in prae­cla­ris ;
ete­nim hae­re­di­tas mea prae­cla­ra est mihi.

Be­ne­di­cam Do­mi­num
qui tri­buit mi­hi in­tel­lec­tum ;
in­su­per et usque ad noc­tem
in­cre­pue­runt me renes mei.

Pro­vi­de­bam Do­mi­num
in conspec­tu meo sem­per :
quo­niam a dex­tris est mi­hi, ne commovear.

Prop­ter hoc lae­ta­tum est cor meum,
et ex­sul­ta­vit lin­gua mea ;
in­su­per et ca­ro mea re­quies­cet in spe.

10 Quo­niam non de­re­linques ani­mam meam
in in­fer­no,
nec da­bis sanc­tum tuum vi­dere corruptionem.

11 No­tas mi­hi fe­cis­ti vias vi­tae ;
adim­ple­bis me lae­ti­tia cum vul­tu tuo :
de­lec­ta­tiones in dex­te­ra tua usque in fi­nem.
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1 Garde-moi, mon Dieu :
j’ai fait de toi mon refuge.

2 J’ai dit au Sei­gneur : « Tu es mon Dieu !
Je n’ai pas d’autre bon­heur que toi. »

3 Toutes les idoles du pays,
ces dieux que j’aimais, 

4 ne cessent d’é­tendre leurs ra­vages,
et l’on se rue à leur suite.

Je n’i­rai pas leur of­frir
le sang des sa­cri­fices ;
leur nom ne vien­dra pas sur mes lèvres !

5 Sei­gneur, mon par­tage et ma coupe :
de toi dé­pend mon sort.

6 La part qui me re­vient fait mes dé­lices ;
j’ai même le plus bel héritage !

7 Je bé­nis le Sei­gneur
qui me conseille :
même la nuit
mon cœur m’avertit.

8 Je garde le Sei­gneur
de­vant moi sans re­lâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

9 Mon cœur exulte,
mon âme est en fête,
ma chair elle-même re­pose en confiance :

10 tu ne peux m’a­ban­don­ner
à la mort
ni lais­ser ton ami voir la corruption.

11 Tu m’ap­prends le che­min de la vie :
de­vant ta face, dé­bor­de­ment de joie !
A ta droite, éter­ni­té de délices !

a Da­vid Lee, Guy Cut­ting, haute-contre
Oli­ver Lon­gland, voix de taille
In­igo Jones, voix de des­sus
James Geidt, basse

b Se­lon une idée has­si­dique, quand le flot d’a­mour de Dieu dé­fer­la sur le monde, ce­lui-ci écla­ta en mor­ceaux in­nom­brables et chaque ob­jet conser­va une par­celle de l’a­mour di­vin. Le peintre doit ex­pri­mer cette au­ra par la « chi­mie » des formes colorées.

Da­vid était aus­si un grand chan­teur qui avait sou­la­gé par son chant la dou­leur du roi Saül et qui chan­ta une com­plainte fu­nèbre pour son ami Jo­na­than tom­bé de­vant les phi­lis­tins et en­tra à Jé­ru­sa­lem de­vant l’Arche de l’Al­liance en dan­sant et chan­tant. Da­vid ap­pa­raît en géant de rêve, jouant de la harpe

En bas dans une lu­mière cré­pus­cu­laire vio­lette, de­vant le dé­cor de Vence, une pro­ces­sion de juifs pieux s’a­vance avec des gestes d’al­lé­gresse. A droite un couple de ma­riés fait pen­ser aux per­son­nages éti­rés du Gre­co. A l’ar­rière-plan de­vant le dé­cor de Vi­tebsk qui se des­sine sur un ciel d’o­rage un cor­tège nup­tial s’a­vance sous un dais rouge. Deux pro­ces­sions qui cé­lèbrent l’a­mour dans le ma­riage et l’a­mour de Dieu. Il ap­par­tient au roi Da­vid de conduire la pro­ces­sion comme au­tre­fois de­vant l’Arche de l’Al­liance.
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