G. Convert. Le peuple res­pecte la Règle et Dieu règne

En­tre­tien entre Théo, Luc et Ma­rie
Théo
Les dieux ro­mains règnent à tra­vers les em­pe­reurs dont on fait des de­mi-dieux. Mais concrè­te­ment com­ment votre Dieu peut-il ré­gner sur Is­raël ? Il est invisible !

Luc
Pour com­prendre, il faut re­mon­ter à Moïse. Quand il a fait l’u­ni­té des tri­bus juives, il a vou­lu le faire au­tour d’une Règle de vie don­née par Dieu, ce que les Juifs ap­pellent la Tora.

Ma­rie
Cette Règle, il en a fait une charte d’al­liance entre Dieu et son peuple.

Luc
Écoute ce que dit le livre de l’Exode :
«Moïse mit par écrit toutes les pa­roles du Sei­gneur-Dieu.
Puis il bâ­tit un au­tel au bas de la mon­tagne,
et douze stèles pour les douze tri­bus d’Is­raël.
Il prit la Charte de l’Al­liance et il en fit la lec­ture au peuple
et le peuple dé­cla­ra :
Tout ce que le Sei­gneur-Dieu a dit, nous le fe­rons
et nous y obéi­rons.«
 Ex 44, 2-8

Théo
Donc, Dieu règne sur Is­raël par sa Règle de vie.

Luc
Tant que le peuple res­pecte la Règle, Dieu règne.

Ma­rie
Mal­heu­reu­se­ment, ce n’est pas tou­jours le cas : notre peuple est sou­vent infidèle.

Luc
D’ailleurs, dans la langue des ro­mains, les mots règne et règle viennent de la même ra­cine Rek, qui veut dire : ce qui est droit. C’est pour ce­la qu’on ap­pelle les lois : le droit, l’en­semble des règles qui di­rigent la vie des royaumes ou la vie des cités.

Ma­rie
C’est pa­reil dans notre langue : mal­kou­ta, veut dire aus­si bien règne que règle. Quand la Règle est ob­ser­vée, c’est le règne de Dieu.

Luc
la Règle de Dieu, c’est le che­min de la vraie vie. C’est ce que dit le Deu­té­ro­nome :
«Oui, la pa­role est toute proche de toi :
elle est dans ta bouche et dans ton cœur,
pour que tu la mettes en pra­tique.
Vois : je mets au­jourd’­hui de­vant toi
la vie et le bon­heur,
la mort et le mal­heur.
Tu choi­si­ras la vie pour que tu vives,
toi et ta des­cen­dance,
en ai­mant le Sei­gneur ton Dieu,
en écou­tant sa voix et en t’at­ta­chant à lui.«
 Dt 30,14-20

Un Juif m’a dé­jà dit que la To­ra, c’est le mode d’emploi de l’u­ni­vers. C’est comme le plan du monde et sa liberté !

Ma­rie
Mar­cher dans le droit che­min de la To­ra, c’est mar­cher sur les che­mins de la vie. Si on s’é­carte des pré­ceptes de la To­ra, on s’é­carte de la vie.

Luc
Parce que Dieu nous donne la To­ra, il est aus­si notre Père.

Léo
Qu’il soit votre roi, je crois com­prendre : dans nos ci­tés aus­si, les gens se placent sous la pro­tec­tion des dieux. Mais pour­quoi dire qu’il est votre Père ?

Ma­rie
Chez nous, mettre au monde un en­fant, ce n’est pas seule­ment lui don­ner un corps. Il ne suf­fit pas de le nour­rir, de le vê­tir. Il faut aus­si for­mer son es­prit : lui don­ner la To­ra, la Règle de vie. Chaque jour, le père doit ré­ci­ter des ver­sets de la To­ra à son en­fant pour qu’il les ap­prenne par cœur.

Luc
Il faut meu­bler sa mai­son in­té­rieure pour qu’il sache com­ment se di­ri­ger dans la vie, et mar­cher dans le droit chemin.

Ma­rie
Quand la mère berce son tout-pe­tit, elle lui chante la To­ra. Tu es la mère de tes en­fants, parce que tu les en­fantes à la Tora.

Luc
Si tu en­seignes la To­ra au fils de ton pro­chain, eh bien, tu de­viens pour lui comme un père.

Georges Convert (1936-2013), Ié­schoua, dit Jésus

prêtre-ou­vrier et membre de la Mis­sion Saint Pierre et Paul, dans la li­gnée de Jacques Loew. En 1972 au Qué­bec il est de la fon­da­tion de la Com­mu­nau­té de par­tage et d’amitié.
Ar­dent dé­fen­seur de la Pa­role de Jé­sus, il n’a eu de cesse de la faire connaître dans ses écrits jusque dans les der­niers mo­ments de sa vie.