Georges Braque. Grande nature morte brune

Eric Satie, Prélude en tapisserie, Pascal Rogé, piano

Georges Braque (1882-1963)
Grande nature morte brune (1932)
Musée d’Art moderne, Paris

Chez Braque le début des années 1930 coïncide avec de nouvelles formulations – une liberté plus grande des lignes, qui se font sinueuses et mouvantes, un traitement plus fluide de la couleur. Dans la Grande nature morte brune (1932), la couleur et le dessin apparaissent dissociés : un compotier, quelques pommes, une bouteille, dessinés en blanc, flottent dans un espace où s’enlacent de grandes courbes, des formes organiques qui évoquent certaines toiles contemporaines de Miró, tout comme le fond de couleur brouillée et terreuse. Les objets composant la nature morte se répandent les uns dans les autres, se répondent par échos formels. Le texte important de > Carl Einstein sur Braque (paru en 1934 aux Éditions des Chroniques du jour) insiste sur la notion de métamorphoses et en fait même la dominante de l’art de Braque dans ces années-là.