Paul Cé­zanne. Na­ture morte au compotier

Fran­cis Pou­lenc (1899-1963), La pe­tite fille sage
Groupe Vo­cal de France, dir. John Alldis

Paul Cé­zanne (1839-1906)
Na­ture morte au com­po­tier (1879-1880)
Col­lec­tion privée 


Na­ture morte au com­po­tier est jus­te­ment cé­lèbre et sa struc­ture est à la fois am­bi­tieuse, com­plexe et par­fai­te­ment réus­sie. Par exemple, il est com­po­sé en ef­fet de trois plans – le de­vant de la com­mode, fer­me­ment si­tué grâce au mo­raillon que Cé­zanne place si net­te­ment de­vant nos yeux est le pre­mier – et pré­sente une sub­tile tran­si­tion vers le fond avec le verre trans­pa­rent. Une dia­go­nale pro­non­cée va du haut à gauche vers le bas à droite, équi­li­brée, comme on l’aurait pré­vu, par le mo­tif à feuilles en haut à droite et par tous les mou­ve­ments de la touche pa­ral­lèle. Dans l’ensemble, quand les choses pour­raient si ai­sé­ment être juste un peu dé­ran­gées, tout semble ma­gni­fi­que­ment en place : le cou­teau nous me­nant vers le fond, de la même fa­çon que la nappe, par exemple ; le mo­tif à feuilles se rap­pro­chant des ob­jets so­lides (ils se touchent sans se che­vau­cher); un équi­libre d’ensemble de la toile, d’une sim­pli­ci­té trom­peuse. Cette na­ture morte, en­core plus que les autres, est un uni­vers par­fai­te­ment au­to­nome, c’est un ta­bleau où les ten­sions sont ré­so­lues si­tôt crées, où la pein­ture joue ser­ré avec l’illusion et la convic­tion de la per­ma­nence dé­fie l’usure du temps. 

Pa­vel Ma­chot­ka, Cé­zanne. La Sen­sa­tion à l’œuvre


La pe­tite fille sage

La pe­tite fille sage est ren­trée de l’‘école avec son pa­nier.
Elle a mis sur la table les as­siettes et les verres lourds.
Et puis elle s’’est la­vée à la pompe de la cour
Sans mouiller son ta­blier.
Et si le pe­tit frère dort dans son pe­tit lit cage,
Elle va s’asseoir sur la pierre usée
Pour voir l’’étoile du soir.