Paul Cézanne. Nature morte au compotier

Francis Poulenc, La petite fille sage

Paul Cézanne (1839-1906)
Nature morte au compotier (1879-1880)
Collection privée

Nature morte au compotier est justement célèbre et sa structure est à la fois ambitieuse, complexe et parfaitement réussie. Par exemple, il est composé en effet de trois plans – le devant de la commode, fermement situé grâce au moraillon que Cézanne place si nettement devant nos yeux est le premier – et présente une subtile transition vers le fond avec le verre transparent. Une diagonale prononcée va du haut à gauche vers le bas à droite, équilibrée, comme on l’aurait prévu, par le motif à feuilles en haut à droite et par tous les mouvements de la touche parallèle. Dans l’ensemble, quand les choses pourraient si aisément être juste un peu dérangées, tout semble magnifiquement en place : le couteau nous menant vers le fond, de la même façon que la nappe, par exemple; le motif à feuilles se rapprochant des objets solides (ils se touchent sans se chevaucher); un équilibre d’ensemble de la toile, d’une simplicité trompeuse. Cette nature morte, encore plus que les autres, est un univers parfaitement autonome, c’est un tableau où les tensions sont résolues sitôt crées, où la peinture joue serré avec l’illusion et la conviction de la permanence défie l’usure du temps.

Pavel Machotka, Cézanne. La Sensation à l’œuvre