Marc Chagall. Le frappement du rocher

Olivier Messiaen, La Source de Vie, Jennifer Bate, orgue, Église de la Sainte-Trinité, Paris

Marc Chagall (1887-1985)
Le frappement du rocher (1960-1966)
Musée Marc Chagall, Nice

Nb 20, 2-11
2 Comme il n’y avait pas d’eau pour la communauté, ils se rassemblèrent contre Moïse et Aaron. 3 Le peuple chercha querelle à Moïse, en disant : « Ah ! si seulement nous avions expiré, quand nos frères ont expiré devant le Seigneur ! 4 Pourquoi avoir amené l’assemblée du Seigneur dans ce désert où nous allons mourir, nous et nos bêtes ? 5 Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte, et nous avoir amenés dans ce lieu de malheur où l’on ne peut rien semer, où il n’y a ni figuiers, ni vignes, ni grenadiers, et même pas d’eau à boire ! » 6 Moïse et Aaron quittèrent l’assemblée et se rendirent à l’entrée de la tente de la Rencontre. Ils tombèrent face contre terre, et la gloire du Seigneur leur apparut. 7 Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : 8 « Prends ton bâton de chef et, avec ton frère Aaron, rassemble la communauté. Puis, sous leurs yeux, vous parlerez au rocher, et il donnera son eau. Pour eux tu feras jaillir l’eau du rocher, et tu feras boire la communauté et ses bêtes. » 9 Comme il en avait reçu l’ordre, Moïse prit le bâton qui était placé devant le Seigneur. 10 Moïse et Aaron réunirent l’assemblée en face du rocher, et Moïse leur dit : « Écoutez donc, rebelles. Est-ce que nous pouvons faire jaillir de l’eau pour vous de ce rocher ? » 11 Moïse leva la main et, de son bâton, il frappa le rocher par deux fois : l’eau jaillit en abondance, et la communauté put boire et abreuver ses bêtes.


La composition circulaire est soulignée de taches de couleurs qui déterminent des espaces visuels. Le décalage entre le dessin, la couleur et les tons de brun sombre, à peine éclairés par quelques éclats de jaune, souligne le sort tragique de Moïse, figure monumentale et solitaire au centre du tableau, en butte à la colère des Hébreux perdus dans le désert et soumis à la faim et la soif. La présence divine, manifestée par le rayonnement fantastique du soleil derrière Moïse, permet le miracle de l’eau qui s’écoule en abondance vers une foule en liesse.