Marc Cha­gall. La Créa­tion de l’homme

Oli­vier Mes­siaen (1908-1992), La Source de Vie
Jen­ni­fer Bate, orgue, Église de la Sainte-Tri­ni­té, Paris 

Marc Cha­gall (1887-1985)
La Créa­tion de l’homme (1956-1958)
Musée Marc Cha­gall, Nice 


Gn 1, 26-29
26 Dieu dit : « Fai­sons l’homme à notre image, selon notre res­sem­blance. Qu’il soit le maître des pois­sons de la mer, des oiseaux du ciel, des bes­tiaux, de toutes les bêtes sau­vages, et de toutes les bes­tioles qui vont et viennent sur la terre. » 27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. 28 Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et mul­ti­pliez-vous, rem­plis­sez la terre et sou­met­tez-la. Soyez les maîtres des pois­sons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les ani­maux qui vont et viennent sur la terre. » 29 Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la sur­face de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. »


Le tableau est orga­ni­sé en deux registres comme les tableaux d’autel clas­siques, ce qu’il devait être dans le pro­jet d’origine pour la cha­pelle du Cal­vaire de Vence.

En haut, dans le ciel enva­hi de lumière jaune, un soleil tour­noyant entraîne dans sa roue le peuple juif et des épi­sodes de l’histoire biblique. Le Christ en Croix en fait par­tie : ses reins sont ceints du châle que portent les Juifs dans la syna­gogue, il est pour Cha­gall le Juif sacri­fié qui appa­raît dans sa pein­ture avec les débuts de la Seconde Guerre mondiale.

Au registre infé­rieur, un ange por­tant Adam aban­don­né dans ses bras émerge de l’océan pri­mor­dial où Cha­gall a repré­sen­té les ani­maux, créés avant l’homme. Les traits de l’ange, comme le port du pan­ta­lon, sou­lignent l’i­den­ti­fi­ca­tion de l’ar­tiste avec celui-ci : il s’af­firme ain­si comme créa­teur et por­teur du mes­sage divin.