Chartres. La para­bole du Bon Samaritain

Ubi cari­tas, Gré­go­rien, Xe s.
Monas­tère San­to Domin­go, Silos 

« Qui est mon pro­chain ?», détail, XIIIe s.
Bas-côté de la cathé­drale Notre-Dame de Chartres 

Lc 10, 25-37
25 En ce temps-là, un doc­teur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héri­tage la vie éter­nelle ?» 26 Jésus lui deman­da : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et com­ment lis-tu ?» 27 L’autre répon­dit : « Tu aime­ras le Sei­gneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intel­li­gence, et ton pro­chain comme toi-même. » 28 Jésus lui dit : « Tu as répon­du cor­rec­te­ment. Fais ain­si et tu vivras. » 29 Mais lui, vou­lant se jus­ti­fier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ?» 

30 Jésus reprit la parole : « Un homme des­cen­dait de Jéru­sa­lem à Jéri­cho, et il tom­ba sur des ban­dits. Ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le lais­sant à moi­tié mort. 31 Par hasard, un prêtre des­cen­dait par ce che­min ; il le vit et pas­sa de l’autre côté. 32 De même un lévite arri­va à cet endroit ; il le vit et pas­sa de l’autre côté. 33 Mais un Sama­ri­tain, qui était en route, arri­va près de lui. Il le vit et fut sai­si de com­pas­sion. 34 Il s’approcha, et pan­sa ses bles­sures en y ver­sant de l’huile et du vin. Puis il le char­gea sur sa propre mon­ture, le condui­sit dans une auberge et prit soin de lui.

35 Le len­de­main, il sor­tit deux pièces d’argent, et les don­na à l’aubergiste, en lui disant : Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépen­sé en plus, je te le ren­drai quand je repasserai.

36 Lequel des trois, à ton avis, a été le pro­chain de l’homme tom­bé aux mains des ban­dits ?» 37 Le doc­teur de la Loi répon­dit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aus­si, fais de même. »


« Notre-Dame de Chartres est la cathé­drale qui conserve le plus grand nombre de vitraux anciens (2600 m2 de ver­rières du Moyen Age). La ver­rière du Bon Sama­ri­tain date de pre­mier tiers du XIIIe siècle. Elle fait par­tie des ver­rières offertes par des groupes de métiers : ici il s’agit des cor­don­niers et savetiers.

La ver­rière dite « du Bon Sama­ri­tain » met en lien deux épi­sodes bibliques très dis­tincts : juste au-des­sus de la repré­sen­ta­tion de la para­bole (Lc 10) se trouve le récit de la chute d’Adam et Ève (Gn 3). Les Pères ont vu dans ce rap­pro­che­ment un sens théo­lo­gique très pro­fond : « L’homme qui des­cen­dait est Adam. Jéru­sa­lem est le para­dis et Jéri­cho est le monde. Les bri­gands sont des pou­voirs hos­tiles. Le sacri­fi­ca­teur repré­sente la loi, le Lévite, les pro­phètes et le Sama­ri­tain, le Christ. Les bles­sures sont la déso­béis­sance, la mon­ture est le corps du Sei­gneur, l’auberge qui accepte tous ceux qui dési­rent y entrer, repré­sente l’Église… L’hôte de l’auberge est le chef de l’Église, à qui le soin du bles­sé a été confié. Et le fait que le Sama­ri­tain pro­met de reve­nir repré­sente la seconde venue du Sau­veur. » (Ori­gène, Homé­lie sur Lc 34, 3)

© Fra­ter­ni­tés de Jérusalem


Ubi cari­tas est vera, Deus ibi est. 

Congre­ga­vit nos in unum Chris­ti amor.
Exsul­te­mus et in ipso jucun­de­mur.
Timea­mus et ame­mus Deum vivum.
Et ex corde dili­ga­mus nos sincero. 

Ubi cari­tas est vera, Deus ibi est. 

Simul ergo cum in unum congre­ga­mur :
Ne nos mente divi­da­mur, cavea­mus.
Cessent iur­gia mali­gna, cessent lites.
Et in medio nos­tri sit Chris­tus Deus. 

Ubi cari­tas est vera, Deus ibi est. 

Simul quoque cum bea­tis videa­mus,
Glo­rian­ter vul­tum tuum, Christe Deus :
Gau­dium quod est immen­sum, atque pro­bum,
Sae­cu­la per infi­ni­ta saeculorum. 

Ubi cari­tas est vera, Deus ibi est.

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Là où l’amour est vrai, Dieu est présent. 

L’amour du Christ nous a ras­sem­blés et nous sommes un.
Exul­tons et réjouis­sons-nous en lui.
Crai­gnons et aimons le Dieu vivant
et aimons-nous les uns les autres d’un cœur sincère. 

Là où l’amour est vrai, Dieu est présent. 

Ne for­mons donc tous qu’un seul corps :
ne soyons pas divi­sés de cœur, pre­nons garde.
Cessent les que­relles méchantes, cessent les dis­putes
et que le Christ soit au milieu de nous. 

Là où l’amour est vrai, Dieu est présent. 

Qu’avec les bien­heu­reux, nous voyions
ton glo­rieux visage, ô Christ Dieu.
Joie immense et divine,
pen­dant la durée infi­nie des siècles. 

Là où l’amour est vrai, Dieu est présent.