René Magritte. La condition humaine

Nadia Boulanger, Pièces pour violoncelle et piano, Roland Pidoux, violoncelle, Emile Naoumoff, piano

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René Magritte (1989 -1967)
La condition humaine (1933)
The National Gallery of Art, Washington

Cette toile de Magritte révèle la nature énigmatique de l’œuvre d’art. Elle suggère sa nature ambiguë en offrant à voir un tableau au cœur du tableau, un tableau qui se superpose à un paysage dont il représente la partie cachée.

Le tableau intérieur au tableau n’est pas le paysage qui s’y trouve peint et pourtant il le représente au point de se fondre en lui (seuls les contours du tableau et son support le signalent en effet comme tableau et lui interdisent de se confondre avec le paysage qu’il représente).

Le paysage lui-même, comme la fenêtre d’où il est vu, n’est pas un paysage réel. Il est peint. Ce que l’on serait tenté d’oublier en regardant le tableau dans le tableau. Non seulement le tableau intérieur cache et révèle indissociablement le paysage qu’il donne à voir; non seulement le paysage donné à voir n’est pas un paysage réel; mais encore le tableau global dissimule sa nature de tableau au bénéfice de ce qu’il représente, tout en demeurant bel et bien réel, chose entre les choses. Nouvelle ambiguïté, même paradoxe!

L’ensemble représente la condition humaine, celle d’un être conscient, qui se représente à l’intérieur de lui-même le monde qu’il habite, un monde qui se confond avec l’image qu’il s’en fait.