Saint Au­gus­tin. Dieu, ton aujourd’hui, c’est l’éternité

Au­gus­tin dis­pu­tant avec Faus­tus de Mi­leve
et les Ma­ni­chéens, dé­tail, XIIe s.
Bi­blio­thèque Ma­za­rine, Paris 

Tes an­nées, Sei­gneur, ne vont ni ne viennent ; nos an­nées, au contraire, vont et viennent, et pour que toutes se suc­cèdent les unes aux autres. Toutes tes an­nées sont im­mo­biles, parce qu’elles existent toutes à la fois ; les unes ne sont pas pous­sées par les autres parce qu’elles ne passent pas ; au lieu que les nôtres ne se­ront toutes ac­com­plies que lors­qu’elles ne se­ront plus.

Tes an­nées ne sont qu’un jour, et ton jour n’est pas une suite de jours ; il est au­jourd’­hui, et ton au­jourd’­hui ne cède point la place à un len­de­main ; car il ne suc­cède pas à la veille. Ton au­jourd’­hui, c’est l’é­ter­ni­té ; voi­là pour­quoi tu as en­gen­dré un Fils co­éter­nel à toi, ce­lui à qui tu as dit : Je t’ai en­gen­dré au­jourd’­hui. (Psaume II.) Tu as fait tous les temps, et tu es avant tous les temps, et il n’y avait point de temps quand le temps n’é­tait pas encore.

Saint Au­gus­tin (354-430), Confes­sions, L XI, ch. XIII, 15-16
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