Aris­tote. La sa­gesse est le sa­voir véritable

Ra­phaël (1483-1520)
L’É­cole d’A­thènes, dé­tail (1510)
Pla­ton et Aris­tote 1, Mu­sées du Vatican 


Nous conce­vons d’a­bord le sage comme pos­sé­dant la connais­sance de toutes les choses, dans la me­sure où ce­la est pos­sible, c’est-à-dire sans avoir la science de cha­cune d’elles en par­ti­cu­lier. En­suite, ce­lui qui est ca­pable de connaître les choses dif­fi­ciles et mal­ai­sé­ment ac­ces­sibles à la connais­sance hu­maine, on ad­met que ce­lui-là est un sage (car la connais­sance sen­sible étant com­mune à tous les hommes, est fa­cile, et n’a rien à voir avec la Sa­gesse). En outre, ce­lui qui connaît les causes avec plus d’exac­ti­tude, et ce­lui qui est plus ca­pable de les en­sei­gner sont, dans toute es­pèce de science, plus sages. De plus, par­mi les sciences, celle que l’on choi­sit pour elle-même et à seule fin de sa­voir, est consi­dé­rée comme étant plus vrai­ment Sa­gesse que celle qui est choi­sie en vue de ses ré­sul­tats. En­fin une science do­mi­na­trice est, à nos yeux, plus une sa­gesse que la science qui lui est su­bor­don­née : ce n’est pas, en ef­fet, au sage à re­ce­voir des lois, c’est à lui d’en don­ner ; ce n’est pas lui qui doit obéir à au­trui, c’est à lui, au contraire, que doit obéir ce­lui qui est moins sage.

Aris­tote (384-322 av. J.-C.), La Mé­ta­phy­sique, livre A. §2
Bio­gra­phie


Pla­ton (à gauche) pointe le doigt vers le ciel, sym­bole de sa croyance dans les Idées. Aris­tote (à droite) pointe la paume de sa main vers le sol, sym­bole de sa croyance dans l’ob­ser­va­tion empirique.