Emmanuel Kant. L’amour du prochain


L’amour est une affaire de sentiment et non de volonté, et je ne peux pas aimer parce que je le veux, encore moins parce que je le dois (être mis dans la nécessité d’aimer). Il s’ensuit qu’un devoir d’aimer est un non-sens.

Lorsque l’on dit: tu aimeras ton prochain comme toi-même, cela ne signifie pas : tu dois l’aimer immédiatement (c’est-à-dire d’abord) et grâce à cet amour (donc ensuite) lui faire du bien, mais : fais du bien à ton prochain et cette bienveillance éveillera en toi l’amour des hommes (comme habitude du penchant à la bienfaisance en général).

Emmanuel Kant (1724-1804), Métaphysique des mœurs. Doctrine de la vertu
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