Baruch Spi­no­za. L’a­mour de la vérité

Baruch Spi­no­za (1632-1677)
Plaque com­mé­mo­ra­tive, détail, Budapest 


Par­mi les choses qui ne sont pas en mon pou­voir, aucune n’a plus de valeur à mes yeux que d’avoir l’honneur de nouer des rela­tions ami­cales avec des hommes sin­cè­re­ment amou­reux de la véri­té. Car je crois que dans le monde entier, il n’y a rien que l’on puisse aimer avec assu­rance, par­mi les choses qui sont au-delà de notre pou­voir, sinon ces hommes-là. En effet, il est aus­si impos­sible que dis­pa­raisse l’amour qu’ils se portent les uns aux autres, fon­dé dans l’amour qu’a cha­cun pour la véri­té, que de ne pas embras­ser la véri­té elle-même une fois qu’on l’a com­prise. De plus, il s’agit de l’amour le plus éle­vé et le plus agréable que l’on puisse trou­ver dans les choses qui sont au-delà de notre pou­voir. Car aucune chose, sinon la véri­té, n’est capable d’unir plei­ne­ment les avis et les sen­ti­ments divers. Je ne dis rien des immenses avan­tages qui en découlent.

Baruch Spi­no­za (1632-1677), Lettre (19) à Van Blyen­bergh, 1665
Bio­gra­phie