Atha­nase d’A­lexan­drie. L’u­ni­té dans la Trinité


Il nous faut véné­rer un seul Dieu dans la Tri­ni­té, et la Tri­ni­té dans l’u­ni­té, sans confondre les per­sonnes ni sépa­rer la sub­stance. Car autre est la per­sonne du Père, autre celle du Fils, autre celle de l’Es­prit-Saint. Et pour­tant le Père, le Fils et l’Es­prit-Saint sont un dans la divi­ni­té, égaux dans la gloire, coéter­nels dans la majes­té. Tel est le Père, tel est le Fils, et tel est l’Es­prit-Saint. Le Père est incréé, le Fils est incréé, l’Es­prit-Saint est incréé. Le Père est immense, le Fils est immense, l’Es­prit-Saint est immense. Le Père est éter­nel, le Fils est éter­nel, l’Es­prit-Saint est éter­nel. Et pour­tant il n’y a pas trois éter­nels, mais un seul éter­nel. Ni trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé, et un seul immense. De même le Père est tout-puis­sant, le Fils est tout-puis­sant, l’Es­prit-Saint est tout-puis­sant. Et pour­tant il n’y a pas trois tout-puis­sants, mais un seul tout-puis­sant. De même le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu. Et pour­tant il n’y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu. De même Sei­gneur est le Père, Sei­gneur est le Fils, Sei­gneur est l’Es­prit-Saint. Et pour­tant il n’y a pas trois Sei­gneurs, mais un seul Sei­gneur. Car de même que la véri­té chré­tienne nous oblige à confes­ser que chaque per­sonne prise à part est Dieu et Sei­gneur, ain­si la reli­gion catho­lique nous défend de dire qu’il y a trois Dieux ou trois Sei­gneurs. Le Père n’a été fait par per­sonne, ni créé, ni engen­dré. Le Fils est du Père seul, non pas fait, ni créé, mais engen­dré. L’Es­prit-Saint est du Père et du Fils, non pas fait, ni créé, ni engen­dré, mais pro­cé­dant des deux. Il n’y a donc qu’un Père, et non trois Pères, un Fils, et non trois Fils, un Esprit-Saint, et non trois Esprit-Saints. Et dans cette Tri­ni­té rien n’est avant ou après, rien n’est plus grand ou moins grand, mais en tout les trois per­sonnes sont réci­pro­que­ment coéter­nelles et coégales. En sorte que de toute manière, comme on l’a dit plus haut, il nous faut véné­rer l’u­ni­té dans la Tri­ni­té et la Tri­ni­té dans l’u­ni­té. Qui donc veut être sau­vé doit ain­si pen­ser de la Trinité. 

Mais il est néces­saire au salut éter­nel de croire fidè­le­ment aus­si à l’In­car­na­tion de notre Sei­gneur Jésus-Christ. Il est donc d’une foi droite que nous croyions et confes­sions que notre Sei­gneur Jésus-Christ Fils de Dieu est Dieu et homme. Il est Dieu, engen­dré de la sub­stance du Père avant les siècles ; et il est homme, né dans le temps de la sub­stance d’une mère. Dieu par­fait et homme par­fait, consis­tant dans une âme rai­son­nable et une chair humaine. Égal au Père selon sa divi­ni­té, infé­rieur au Père selon son huma­ni­té. Et qui, bien que Dieu et homme, n’est pas deux, mais un seul Christ. Un, non par un chan­ge­ment de la divi­ni­té en chair, mais par l’as­somp­tion de l’hu­ma­ni­té en Dieu. Un tout-à-fait, non par le mélange de la sub­stance, mais par l’u­ni­té de la per­sonne : car de même que l’âme rai­son­nable et la chair ne sont qu’un seul homme, de même Dieu et l’homme ne sont qu’un seul Christ, qui a souf­fert pour notre salut, est des­cen­du aux enfers, le troi­sième jour est res­sus­ci­té des morts, est mon­té aux cieux, siège à la droite de Dieu le Père tout-puis­sant, d’où il vien­dra juger les vivants et les morts. A son avè­ne­ment tous les hommes doivent res­sus­ci­ter avec leurs corps, et rendre compte de leurs propres actes. Et ceux qui auront fait le bien iront à la vie éter­nelle ; mais ceux qui auront fait le mal, au feu éter­nel. Telle est la foi catho­lique, que cha­cun doit croire fidè­le­ment et fer­me­ment, sous peine de ne pou­voir être sau­vé. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit comme il était au com­men­ce­ment, main­te­nant et tou­jours dans les siècles des siècles. Amen.

Atha­nase d’A­lexan­drie (296-375), Sym­bole
Bio­gra­phie