
« Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut un jour… » (Gn 1, 5)
Ces mots reviennent comme un refrain dans la première page de la Bible, évoquant le projet de création de Dieu.
Cela peut sembler étrange pour nous aujourd’hui, mais le jour hébreu commence par la nuit, c’est pour cela que l’entrée en shabbat se célèbre le vendredi soir du calendrier civil et non le samedi. Le jour commencerait ainsi par la nuit, l’aube vient ensuite. « Nous comptons maintenant les jours à partir des nuits, parce que nous nous efforçons d’aller, non de la lumière aux ténèbres, mais des ténèbres à la lumière. » (Saint Augustin)
Il a là une invitation à penser positivement : notre journée va vers la lumière qui vient, vers le temps où nous verrons plus clair de nos propres yeux, où nous pourrons plus facilement agir sur la réalité du monde.
Il y a là, aussi, une sagesse spirituelle : tout commence dans notre prière du soir, c’est là que nous bâtissons avec Dieu ce que sera notre journée du lendemain. C’est là que nous préparons nos forces avec le repas du soir et le repos de la nuit. Remettre, avec Dieu, tout en perspective. Jésus se retirait souvent le soir pour prier, seul.
Ce n’est pas toujours le cas pour tout le monde, mais typiquement, entre la fin de notre journée et le sommeil : le soir est un temps de calme, un temps de veille, un temps d’accueil de la paix du soir. La Genèse nous parle de Dieu qui vient visiter Adam et Ève au paradis « dans la brise du soir » (Gn 3, 8), et c’est aussi le soir que Noé voit revenir la colombe portant un rameau d’olivier dans le bec (Gn 8, 11).
Le soir est le lieu d’accueil de notre résurrection par Dieu. En pensée avec tous ceux qui sont dans les ténèbres, quelles que soient leurs ténèbres.
« Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. » (Ps 129, 6)
Marc Pernot
