Mois d’octobre, mois du Rosaire

Fe­lix Men­dels­sohn (1809-1847), Ave Ma­ria
La Cha­pelle Royale et le Col­le­gium Vo­cale de Gand, l’En­semble or­ches­tral de Pa­ris, dir. Phi­lippe Herreweghe

Dans l’Église ca­tho­lique, le mois d’octobre est de­puis long­temps as­so­cié à la mis­sion. Mais c’est aus­si le mois du Ro­saire. Une fête ma­riale nous rap­pelle ce­la le 7 oc­tobre : Notre Dame du Ro­saire. De quoi s’agit-il exactement ?

C’est pro­gres­si­ve­ment que cette fête se­ra cé­lé­brée le 7 oc­tobre sous le nom de Notre-Dame du Ro­saire. Cette fête au­rait été ins­ti­tuée par le Pie V en 1573 pour re­mer­cier Dieu, par Ma­rie, d’avoir sau­vé l’Europe de l’invasion turque. Mais c’est seule­ment en 1883, que le pape Léon XIII dé­cré­te­ra so­len­nel­le­ment que le mois d’oc­tobre de cette an­née-là se­rait en­tiè­re­ment consa­cré à « la Sainte Reine du Rosaire ».

C’est à par­tir de ce mo­ment que le mois d’oc­tobre, du­rant le­quel comme au mois de mai, on prie par­ti­cu­liè­re­ment la Vierge, est ap­pe­lé le mois du Ro­saire. Au fond, le Ro­saire n’est autre chose qu’une orai­son tra­di­tion­nelle des ca­tho­liques qui cherchent à ho­no­rer la Sainte Vierge. Parce qu’elle a dit « Oui » à Dieu, la Vierge Ma­rie, tout au long du mois d’Octobre en­seigne aux chré­tiens le che­min de la dis­po­ni­bi­li­té to­tale entre les mains de Dieu.

La fer­veur des chré­tiens dans la ré­ci­ta­tion du cha­pe­let est un signe de leur dé­sir, de dire « Oui » à Dieu, à la suite de la Vierge Ma­rie. Il fau­dra donc re­te­nir que le cha­pe­let n’est pas la prière de per­sonnes bor­nées. Au contraire, c’est la prière des gens simples et humbles. Or, la sim­pli­ci­té et l’humilité sont des tré­sors pour notre hu­ma­ni­té. Nous ne sommes pas des spec­ta­teurs des mer­veilles de Dieu, nous sommes des pro­ta­go­nistes de ses des­seins. Dieu veut pas­ser par cha­cune de nos per­sonnes pour s’incarner dans le monde.

Le mois du Ro­saire est l’occasion d’entendre l’invitation de Charles Pé­guy, au su­jet du chapelet : 

« Ré­cite ton cha­pe­let, dit Dieu, et ne te sou­cie pas de ce que ra­conte tel écer­ve­lé : que c’est une dé­vo­tion pas­sée et qu’on va aban­don­ner. Cette prière, je te le dis, est un rayon de l’É­van­gile : on ne me le chan­ge­ra pas. Ce que j’aime dans le cha­pe­let, dit Dieu, c’est qu’il est simple et qu’il est humble, comme fut mon Fils, comme fut sa Mère. Ré­cite ton cha­pe­let : tu trou­ve­ras à tes cô­tés toute la com­pa­gnie ras­sem­blée en Évan­gile : la pauvre veuve qui n’a pas fait d’é­tudes et le pu­bli­cain re­pen­tant qui ne sait plus son ca­té­chisme, la pé­che­resse ef­frayée qu’on vou­drait ac­ca­bler, et tous les éclo­pés que leur foi a sau­vés, et les bons vieux ber­gers comme ceux de Beth­léem, qui dé­couvrent mon Fils et sa Mère… Ré­cite ton cha­pe­let, dit Dieu, il faut que votre prière tourne, tourne et re­tourne, comme font entre vos doigts les grains du cha­pe­let. Alors quand je vou­drais, je vous l’as­sure, vous re­ce­vrez la bonne nour­ri­ture qui af­fer­mit le cœur et qui ras­sure l’âme. Al­lons, dit Dieu, ré­ci­tez votre cha­pe­let et gar­dez l’es­prit en paix. » 

Charles Pé­guy (1873-1914), Le Porche du mys­tère de la deuxième ver­tu (1912)

Le cha­pe­let est une belle prière col­lec­tive. Si nous vou­lons que la paix règne dans nos fa­milles et dans nos pays, il nous faut ap­prendre à le ré­ci­ter. Comme le di­sait le pape Pie X (1835-1914), « le Ro­saire est le par­fait ré­su­mé de l’Évangile et il donne la paix à tous ceux qui le ré­citent… Ai­mez le Ro­saire, ré­ci­tez-le tous les jours ».
Jean-Paul Sa­ga­dou, © La Croix

Lc 1, 28
Ave Ma­ria, gra­tia ple­na,
Do­mi­nus te­cum,
be­ne­dic­ta tu in mu­lie­ri­bus,
et be­ne­dic­tus fruc­tus ven­tris tui Iesus.

Sanc­ta Ma­ria ma­ter Dei,
ora pro no­bis pec­ca­to­ri­bus,
nunc, et in ho­ra mor­tis nos­trae.
Amen.


Ré­jouis-toi, Ma­rie, com­blée de grâce,
le Sei­gneur est avec toi.
Tu es bé­nie entre toutes les femmes
et Jé­sus, le fruit de ton sein, est béni.

Sainte-Ma­rie, Mère de Dieu,
prie pour nous, pé­cheurs,
Main­te­nant et à l’­heure de notre mort.
Amen.