Souccot et Shim’hat Torah fêtés dans la tourmente
Yann Boissière, rabbin au sein du courant Judaïsme en mouvement (JEM) © France Culture (2025)

Loulav
«Vous prendrez le premier jour [de Souccot]
un fruit de l’arbre de hadar, des branches de dattier,
des rameaux de myrte et des saules de rivière. » (Lv 23, 40)
סֻכּות, Souccot, Fête des Tentes
Du vendredi 25 septembre au dimanche 4 octobre 2026
Souccot (les tentes ou cabanes) est l’une des fêtes les plus joyeuses de la tradition juive ; elle est d’ailleurs appelée Époque du Réjouissement dans la prière. La fête de Souccot débute le 15 Tishri et dure sept jours dont les deux premiers sont chômés. Elle est immédiatement suivie par la fête de Shemini Atsérêt.
Lors de leur traversée du désert, après la sortie d’Égypte, les Hébreux étaient protégés en permanence par Dieu sous la forme de colonnes de feu la nuit et de nuées le jour. Ils pouvaient et devaient s’en remettre entièrement à Lui de façon sincère et confiante, ce qui était en fait la condition pour que Dieu leur fournisse cette protection tandis qu’ils étaient vulnérables. Dès lors, Il a institué la fête de Souccot, Fête des Cabanes, qui est la proclamation de l’abandon de soi à Dieu par la reconnaissance que la vie terrestre n’est qu’un épisode de l’âme, et que les biens matériels ne sont accordés que par le Créateur.
Aussi, pendant les sept jours de la fête, la Torah nous prescrit d’habiter dans des cabanes construites de feuillages et de bois, en signe de confiance en Dieu et d’indifférence au confort matériel. Toutefois la Halakha (loi) préconise de prendre les repas dans la Soucca, mais de n’y passer plus de temps que si le climat le permet, afin de ne pas dénaturer l’esprit de joie et de fête qui doit présider pendant cette semaine.

Marc Chagall (1887 – 1985)
Fêtes des Tentes (1916)
collection privée
Aussitôt après le Yom Kippour, toute la famille commence dans un esprit de réjouissance la construction de la Soucca, dans le jardin, sur le balcon ou dans tout autre lieu décent à ciel ouvert. La Soucca doit être construite selon des règles et des proportions précises, et le toît en est l’élément le plus important. Il est de coutume de décorer la Soucca, en y accrochant des fruits par exemple et en l’arrangeant de manière à la considérer comme un lieu d’habitation.

Le Loulav
Le deuxième point clé de la fête de Souccot est le Loulav, (ou rituel des Quatre Espèces (arba minim): le saule, le myrte, la palme de dattier et le cédrat.
Il nous est ordonné de prendre en main ces quatre végétaux et de les utiliser pour nous réjouir devant Dieu chaque jour de la fête (sauf le Shabbat), c’est à dire de les agiter dans les quatre directions et vers le haut et le bas, en symbole de l’omniprésence de Dieu. Les quatre espèces représentent les quatre caractères de l’ensemble des membres du Peuple d’Israël :
⋅ le palmier, sans parfum mais aux fruits savoureux
⋅ la myrte, odorante mais sans fruit
⋅ le saule, sans odeur ni fruit
⋅ le cédrat, fruit savoureux au parfum délicieux où les fruits symbolisent l’étude de la Torah, dont le goût est comparable à celui du miel, et le parfum fait allusion à l’observance des mitzvot (commandements), dont l’odeur est agréable à l’Éternel.
Nous réunissons ensemble ces quatre espèces dans un élan de solidarité et d’unité complète du Peuple d’Israël pour déclarer son attachement à Dieu.
Le dernier jour de Souccot est appelé Hoshana Rabbah, הושענה רבּה, la Grande Délivrance qui est en lui-même un événement d’importance, et la fête se conclut par Shemini Atsérêt et Simhhat Torah.
