Re­cons­ti­tu­tion du Temple de Jérusalem

Ré­no­va­tion du Temple de Jé­ru­sa­lem, à par­tir de 19 avant J.-C.
ache­vée quatre-vingt ans plus tard.

D’entrée de jeu ac­cep­tons d’abord le constat sui­vant : nous ne re­trou­ve­rons sans doute ja­mais les struc­tures du temple de Jérusalem. Nous avons ce­pen­dant un al­lié : nous dis­po­sons de cer­taines in­for­ma­tions écrites qui per­mettent aux cher­cheurs de pro­po­ser des hypothèses pour ten­ter d’en don­ner une cer­taine représentation. 

Ces in­for­ma­tions se re­trouvent prin­ci­pa­le­ment dans les textes sui­vants : 1R 6-8 (ou son parallèle 2Ch 3-6 ; voir aus­si Ez 40-44) en ce qui concerne le temple de Sa­lo­mon, ain­si que dans les pas­sages du Penta­teuque qui en four­nissent aus­si une des­crip­tion (Ex 25-26). 

Pour le temple d’Hérode, c’est en­core Fla­vius Josèphe qui de­meure notre source la plus fiable, dans le cinquième cha­pitre de la Guerre des Juifs. Ses pro­pos sont di­thy­ram­biques, à un point tel qu’on en vient à dou­ter de leur crédibilité. Mais l’expérience nous a montré plus d’une fois que, derrière ses des­crip­tions, Fla­vius est sou­vent très proche de la réalité.

Les études consacrées au temple de Jérusalem sont légion. Il n’est pas pos­sible ici de faire état de toutes les hypothèses, thèses et synthèses qui ont été rédigées sur le su­jet. On présentera, dans ce qui suit, la confi­gu­ra­tion de l’esplanade du temple à l’époque d’Hérode et du Nou­veau Testament.

Plan et re­cons­ti­tu­tion du temple construit par Hérode 🔍

Ce plan n’est qu’une hypothèse, car d’autres au­teurs pro­posent une vi­sion as­sez différente de cette construc­tion. Tous s’entendent ce­pen­dant pour dire qu’il y avait trois pièces prin­ci­pales, telles que signalées dans les textes an­ciens : le ves­ti­bule (ou­lam), le saint (he­kal) et le Saint des saints (de­bir).

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De­vant le temple se trou­vaient des co­lonnes. Le texte de 1R leur donne même un nom : Boaz et Ya­kin (1 R 7, 15-22). Ces co­lonnes sont en­core représentées sur les mon­naies frappé es par les insurgés de la Première révolte juive. L’intérieur du temple était ri­che­ment décoré et l’on peut s’attendre à ce qu’Hérode, qui vou­lait plaire aux Juifs (qui ne le por­taient pas nécessairement dans leur cœur), y ait mis le pa­quet pour se faire ac­cep­ter de la com­mu­nauté juive. Com­mencé en -20, il fut achevé en 66, bien après la mort d’Hérode (sur­ve­nue en -4). Il n’aura existé, com­plet, que du­rant quelques années, avant sa des­truc­tion par les troupes de Ti­tus en 70.

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La plus grande par­tie de l’esplanade était occupée par le par­vis des gen­tils. Tous pou­vaient y ve­nir. C’est là que s’installaient les ven­deurs d’animaux destinés aux sa­cri­fices. Au­tour du temple lui-même, une barrière mar­quait la li­mite réservée aux croyants. Il y était écrit ex­pli­ci­te­ment qu’il était in­ter­dit aux gen­tils de tra­ver­ser cette li­mite sous peine de mort.

L’enceinte sacrée était elle-même di­visé e en plu­sieurs sec­tions. Une fois fran­chie la barrière des gen­tils, on pénétrait dans le par­vis des femmes, la cour la plus à l’Est. De ce par­vis, on mon­tait quelques marches pour accéder au par­vis des hommes et à la cour des prêtres où se trou­vait l’autel des sa­cri­fices (l’actuel ro­cher du dôme ?) C’est à par­tir de cette cour que les prêtres pou­vaient fi­na­le­ment en­trer dans le temple où seul le Grand-Prêtre pou­vait en­trer, une fois par année, dans le Saint des Saints. Pour la décoration intérieure, je vous ren­voie aux des­crip­tions de 1R 6-8.

Jé­sus au Temple
Il est im­por­tant d’avoir cette vue d’ensemble de la struc­tu­ra­tion du temple de Jérusalem pour com­prendre les re­la­tions qui s’établissaient entre les différentes com­po­santes de la société israélite. Quand le Nazaréen vient chas­ser les ven­deurs du temple, il ne se trouve pas dans le temple lui-même, réservé à la caste sa­cer­do­tale. Mais il se trouve sur l’esplanade, au mi­lieu des ven­deurs qui ex­ploitent les fai­blesses des autres pour s’enrichir. L’ensemble de l’esplanade était considéré comme le temple, même si la bâtisse elle-même n’occupait qu’une pe­tite por­tion de cette es­pla­nade. Ce­ci est aus­si vrai pour l’époque du pre­mier temple.

Sé­bas­tien Doane, pro­fes­seur émé­rite, Uni­ver­si­té de Mont­réal
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