Grégorien, Xe s. Nos autem gloriari oportet a, Introitus
Monastère Santo Domingo, Silos

Le doute de Thomas, XIe s.
Monastère de Silos
Le Doute de saint Thomas se dresse, comme un grand commentaire de pierre à l’angle Nord-Ouest du cloître du monastère de Silos. Ce n’est pas une illustration, mais une pensée de l’Évangile selon saint Jean.
Tout se joue dans les regards. Thomas fixe la blessure, il veut s’assurer et comprendre. Il est encore de ce monde et dans ce monde. Les autres ne lui en veulent pas, la scène ne les intéresse même pas. Ils ont tous ces regards que nous révèlent les Beatus mozarabes : hallucinés par le monde réel, le monde que la Résurrection vient de leur dévoiler. Ils redescendront sur terre, il connaîtront des conflits, certains subiront le martyre, mais pour le moment leurs yeux montrent qu’ils ne sont pas présents au monde dans lequel Thomas approche craintivement sa main d’une blessure mortelle.

Le Christ se prête au geste de Thomas et il tend même le bras pour lui faciliter les choses. Mais par cette disposition, le bras et le corps du Christ séparent le monde du doute, le monde sensible, du monde de la vérité. Une certaine impatience se manifesterait-elle sur le visage de Jésus ? Il attend, simplement. Il sait que pour certains le chemin est plus malaisé que pour d’autres. Et puis il se souvient que lorsque les autres avaient peur de l’accompagner en Judée auprès de Lazare, Thomas leur avait dit « Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! » Il est possible, alors, que ce bras tendu au dessus de celui qui n’a pas la chance d’avoir la même foi que les autres soit un geste de protection : « Ne jugez pas Thomas ».

Les onze apôtres ne pensent même pas à leur compagnon : leurs grands yeux sont ouverts sur un ailleurs stupéfiant. D’un mouvement impératif, le Christ impose silence à ceux qui pourraient se flatter d’être meilleurs croyants que Thomas.
© Michel Claveyrolas

a Ga 6
14 Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ
reste ma seule fierté.
En lui, nous avons le salut, la vie et la résurrection.
Par lui nous sommes sauvés et libérés.
Ps 66
2 Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous.
qu’il fasse briller sur nous la lumière de son visage
et qu’il ait pitié de nous.
