G. Seu­rat. Di­manche après-mi­di à la Grande Jatte (1884)

Claude De­bus­sy (1862-1918), Rê­ve­rie
Fran­çois-Joël Thiol­lier, pianiste

Georges Seu­rat (1859-1891)
Un di­manche après-mi­di à l’Île de la Grande Jatte (entre 1884 et 1886)
Art Ins­ti­tute of Chicago

Le choix de re­pré­sen­ter une scène quo­ti­dienne re­grou­pant dif­fé­rentes classes so­ciales était com­mun pour les pein­tures de l’époque. En ef­fet, les im­pres­sion­nistes avaient un faible pour les pay­sages, mais aus­si pour la vie contem­po­raine pa­ri­sienne. L’Île de la Grande Jatte était connue, à l’époque, pour re­grou­per des fa­milles mon­daines et d’autres moins ai­sées. De plus, c’était un lieu connu de pros­ti­tu­tion. L’endroit choi­si par Seu­rat était donc pro­pice à une étude des mœurs de l’époque. Il a d’ailleurs été sug­gé­ré que le singe de com­pa­gnie, en bas à droite du ta­bleau, ain­si que la femme à la canne à pêche à gauche se­raient des al­lu­sions à la pros­ti­tu­tion sur l’île. À tra­vers son at­ten­tion aux dé­tails, Seu­rat nous laisse donc de­vi­ner le sta­tut de cer­taines fi­gures de son tableau.

Le post-im­pres­sion­nisme de Seu­rat nous offre une pers­pec­tive presque scien­ti­fique de la so­cié­té de l’époque. En même temps, l’artiste prête une at­ten­tion par­ti­cu­lière à la lu­mière et aux tons de la com­po­si­tion. Si le poin­tillisme de Seu­rat a su res­ter proche des va­leurs im­pres­sion­nistes, il n’en a pas moins dé­clen­ché une évo­lu­tion ar­tis­tique majeure !