▷ O. Mes­siaen. Le ban­quet céleste

Oli­vier Mes­siaen (1908-1992), Le ban­quet cé­leste 1
Oli­vier La­try, Orgue Aris­tide Ca­vaillé-Coll, Notre-Dame de Paris

Jn 6, 52-59
52 Des Juifs se que­rel­laient entre eux : « Com­ment ce­lui-là peut-il nous don­ner sa chair à man­ger ?» 53 Jé­sus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne man­gez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne bu­vez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. 54 Ce­lui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éter­nelle ; et moi, je le res­sus­ci­te­rai au der­nier jour. 55 En ef­fet, ma chair est la vraie nour­ri­ture, et mon sang est la vraie bois­son. 56 Ce­lui qui mange ma chair et boit mon sang de­meure en moi, et moi, je de­meure en lui. 57 De même que le Père, qui est vi­vant, m’a en­voyé, et que moi je vis par le Père, de même ce­lui qui me mange, lui aus­si vi­vra par moi. 58 Tel est le pain qui est des­cen­du du ciel : il n’est pas comme ce­lui que les pères ont man­gé. Eux, ils sont morts ; ce­lui qui mange ce pain vi­vra éter­nel­le­ment. » 59 Voi­là ce que Jé­sus a dit, alors qu’il en­sei­gnait à la sy­na­gogue de Ca­phar­naüm.
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1 Le Ban­quet Cé­leste est une œuvre pour orgue ba­sée sur le mou­ve­ment lent d’une œuvre or­ches­trale in­ache­vée da­tant de 1926-1927, Le Ban­quet Eu­cha­ris­tique, pre­mière œuvre pu­bliée de Messiaen.

L’é­pi­taphe de l’œuvre, « Ce­lui qui mange ma chair et boit mon sang de­meure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56), in­dique qu’elle est des­ti­née à la com­mu­nion. Elle est écrite dans une gamme oc­ta­to­nique, une gamme à huit notes dans la­quelle les in­ter­valles al­ternent entre tons et de­mi-tons. Pour évi­ter la mo­no­to­nie to­nale, Mes­siaen trans­pose le mode toutes les quelques mesures.

Bien qu’elle ne compte que 25 me­sures, l’œuvre prend en­vi­ron 7 à 8 mi­nutes à exé­cu­ter, en rai­son de son tem­po ex­trê­me­ment lent (« très lent, ex­ta­tique »). Elle com­porte deux thèmes : le pre­mier, mar­qué « loin­tain, mys­té­rieux », est lent et sou­te­nu. Le se­cond, joué par la pé­dale, mais au dia­pa­son de 4′, des­si­nant un ar­rêt à une oc­tave au-des­sus du dia­pa­son no­té, est mar­qué « bref stac­ca­to, comme une goutte d’eau », re­pré­sen­tant le sang du Christ. L’ac­cord fi­nal est ac­com­pa­gné d’une note basse de 32′, mar­quée « très pro­fonde ». (Un ar­rêt à la hau­teur de 32′ est deux oc­taves en des­sous de la hau­teur notée).