Olivier Messiaen (1908-1992), Le banquet céleste 1
Olivier Latry, Orgue Aristide Cavaillé-Coll, Notre-Dame de Paris

Jn 6, 52-59
52 Des Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?» 53 Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. 54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 55 En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. 56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. 57 De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. 58 Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » 59 Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.
___
1 Le Banquet Céleste est une œuvre pour orgue basée sur le mouvement lent d’une œuvre orchestrale inachevée datant de 1926-1927, Le Banquet Eucharistique, première œuvre publiée de Messiaen.
L’épitaphe de l’œuvre, « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56), indique qu’elle est destinée à la communion. Elle est écrite dans une gamme octatonique, une gamme à huit notes dans laquelle les intervalles alternent entre tons et demi-tons. Pour éviter la monotonie tonale, Messiaen transpose le mode toutes les quelques mesures.
Bien qu’elle ne compte que 25 mesures, l’œuvre prend environ 7 à 8 minutes à exécuter, en raison de son tempo extrêmement lent (« très lent, extatique »). Elle comporte deux thèmes : le premier, marqué « lointain, mystérieux », est lent et soutenu. Le second, joué par la pédale, mais au diapason de 4′, dessinant un arrêt à une octave au-dessus du diapason noté, est marqué « bref staccato, comme une goutte d’eau », représentant le sang du Christ. L’accord final est accompagné d’une note basse de 32′, marquée « très profonde ». (Un arrêt à la hauteur de 32′ est deux octaves en dessous de la hauteur notée).
