Concile Va­ti­can II. Place du tra­vail dans la vie humaine

La Consti­tu­tion pas­to­rale L’Église dans le monde de ce temps (> Gau­dium et Spes) de 1965 ex­prime toute la place du tra­vail dans la vie de l’homme.

Les Pères conci­liaires en­tendent les as­pi­ra­tions de plus en plus uni­ver­selles du genre humain.

Les tra­vailleurs, ou­vriers et pay­sans, veulent non seule­ment ga­gner leur vie, mais dé­ve­lop­per leur per­son­na­li­té par leur tra­vail, mieux, par­ti­ci­per à l’organisation de la vie éco­no­mique, so­ciale, po­li­tique et cultu­relle.
Gau­dium et Spes, 9, 2

Le tra­vail est un droit

In­sis­tant sur la di­gni­té de la per­sonne hu­maine, le Concile parle du monde comme com­mu­nau­té hu­maine.

Il faut donc rendre ac­ces­sible à l’homme tout ce dont il a be­soin pour me­ner une vie vrai­ment hu­maine, par exemple : nour­ri­ture, vê­te­ment, ha­bi­tat, droit de choi­sir li­bre­ment son état de vie et de fon­der une fa­mille, droit à l’éducation, au tra­vail, à la ré­pu­ta­tion, au res­pect, à une in­for­ma­tion conve­nable, droit d’agir se­lon la droite règle de sa conscience, droit à la sau­ve­garde de la vie pri­vée et à une juste li­ber­té, y com­pris en ma­tière re­li­gieuse.
Gau­dium et Spes, 26, 2

Le tra­vail épa­nouit l’homme

Dans la 2ème par­tie, la Consti­tu­tion de­mande que soient évi­tées aux in­di­vi­dus et aux fa­milles des condi­tions de vie in­stables et précaires.

Le tra­vail des hommes, ce­lui qui s’exerce dans la pro­duc­tion et l’échange de biens ou dans la pres­ta­tion de ser­vices éco­no­miques, passe avant les autres élé­ments de la vie éco­no­mique, qui n’ont va­leur que d’instruments.
Gau­dium et Spes, 67, 1

Par son tra­vail, l’homme as­sure ha­bi­tuel­le­ment sa sub­sis­tance et celle de sa fa­mille, s’associe à ses frères et leur rend ser­vice, peut pra­ti­quer une vraie cha­ri­té et co­opé­rer à l’achèvement de la créa­tion di­vine.
La ré­mu­né­ra­tion du tra­vail doit as­su­rer à l’homme des res­sources qui lui per­mettent, à lui et à sa fa­mille, une vie digne sur le plan ma­té­riel, so­cial, cultu­rel et spi­ri­tuel.
Gau­dium et Spes, 67, 2

Les tra­vailleurs ont des droits

Dans les en­tre­prises éco­no­miques, ce sont des per­sonnes qui sont as­so­ciées entre elles, c’est-à-dire des êtres libres et au­to­nomes, créés à l’image de Dieu. Aus­si, en pre­nant en consi­dé­ra­tion les fonc­tions des uns et des autres, pro­prié­taires, em­ployeurs, cadres, ou­vriers, et en sau­ve­gar­dant la né­ces­saire uni­té de di­rec­tion, il faut pro­mou­voir, se­lon des mo­da­li­tés à dé­ter­mi­ner au mieux, la par­ti­ci­pa­tion ac­tive de tous à la ges­tion des en­tre­prises. Et comme, bien sou­vent, ce n’est dé­jà plus au ni­veau de l’entreprise, mais à des ins­tances su­pé­rieures, que se prennent les dé­ci­sions éco­no­miques et so­ciales dont dé­pend l’avenir des tra­vailleurs et de leurs en­fants, ceux-ci doivent éga­le­ment par­ti­ci­per à ces dé­ci­sions, soit par eux-mêmes, soit par leurs re­pré­sen­tants li­bre­ment choi­sis.
Gau­dium et Spes, 68, 1

Il faut mettre au rang des droits fon­da­men­taux de la per­sonne le droit des tra­vailleurs de fon­der li­bre­ment des as­so­cia­tions ca­pables de les re­pré­sen­ter d’une fa­çon va­lable et de col­la­bo­rer à la bonne or­ga­ni­sa­tion de la vie éco­no­mique, ain­si que le droit de prendre li­bre­ment part aux ac­ti­vi­tés de ces as­so­cia­tions, sans cou­rir le risque de re­pré­sailles.
Gau­dium et Spes, 68, 2

En cas de conflits éco­no­mi­co-so­ciaux, on doit s’efforcer de par­ve­nir à une so­lu­tion pa­ci­fique. Mais, s’il faut tou­jours re­cou­rir d’abord au dia­logue sin­cère entre les par­ties, la grève peut ce­pen­dant, même dans les cir­cons­tances ac­tuelles, de­meu­rer un moyen né­ces­saire, bien qu’ultime, pour la dé­fense des droits propres et la réa­li­sa­tion des justes as­pi­ra­tions des tra­vailleurs. Que les voies de la né­go­cia­tion et du dia­logue soient tou­te­fois re­prises, dès que pos­sible, en vue d’un ac­cord.
Gau­dium et Spes, 68, 3