Piotr Ilitch Tchaïkovsky (1840-1893), Les Saisons (op. 37a), Mai - Les Nuits de mai 1
Vadim Chaimovich, piano

Camille Pissarro (1830-1903)
Printemps. Pruniers en fleurs (1877)
Musée d’Orsay, Paris
Pissarro se rapproche de Monet tout en attachant plus d’importance à la structure de la représentation. Les bâtiments aux formes géométriques émergent nettement au-dessus des pruniers dont les fleurs sont suggérées par une multitude de petites touches claires.
Le pointillisme de Pissarro n’est qu’une expérience picturale car le cadre technique contraignant et l’esthétique même du divisionnisme ne convenaient pas à l’artiste. Paul Signac, l’un des maîtres du divisionnisme, l’explique avec finesse :
« Il n’a d’ailleurs pas persisté dans cette voie. Descendant direct de Corot, il ne recherche pas l’éclat par l’opposition, comme Delacroix, mais la douceur par des rapprochements ; il se gardera bien de juxtaposer deux teintes éloignées pour obtenir par leur contraste une note vibrante, mais s’évertuera, au contraire, à diminuer la distance de ces deux teintes par l’introduction, dans chacune d’elles, d’éléments intermédiaires, qu’il appelle des passages. Or, la technique néo-impressionniste est basée précisément sur ce contraste, dont il n’éprouve pas le besoin, et sur l’éclatante pureté des teintes, dont son œil souffre. De la division, il n’avait choisi que le procédé, le petit point, dont la raison d’être est justement, qu’il permet la notation de ce contraste et la conservation de cette pureté. Il est donc très compréhensible que ce moyen, médiocre pris isolément, ne l’ait pas retenu.
Paul Signac, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, La Revue Blanche, 1899
1 Les Nuits de mai
Quelle nuit !
Partout quelle tendresse !
Sois remercié, cher pays boréal !
Du royaume des glaces,
Des bourrasques, des neiges,
Si frais, si pur, ton mois de mai s’envole.
Afanassi Fet (1820-1892)
