V. van Gogh. Le Bon Sa­ma­ri­tain (1890)

Mau­rice Du­ru­flé (1902-1986), Ubi ca­ri­tas
En­semble vo­cal Au­dite No­va de Pa­ris, dir. Jean Sourisse 

Vincent van Gogh (1853-1890)
Le Bon Sa­ma­ri­tain (1890)
Rijks­mu­seum Kröl­ler-Mül­ler, Otterlo 🔍

Quelle joie dans les cou­leurs, quel mou­ve­ment dans le des­sin, tous les in­gré­dients pour trans­crire le ser­vice ren­du à notre pro­chain, à l’autre ha­bi­té par le Seigneur !

Van Gogh, ve­nu du Nord, le hol­lan­dais, le fils de pas­teur qui au dé­but de sa car­rière, peint la dure vie des man­geurs de pommes de terre dans des tons sombres et ter­reux, est main­te­nant sous le so­leil du mi­di. Tout de­vient lu­mi­neux, en­thou­sias­mant. C’est un pas­sion­né, au­to­di­dacte, il ne cesse d’étudier les œuvres de ses contem­po­rains, court les mu­sées, mais il est ma­lade, dés­équi­li­bré men­ta­le­ment. Ses pein­tures sont tour­men­tées comme lui.

Son sa­ma­ri­tain est im­pres­sion­nant : il le montre ve­nant au se­cours de l’homme at­ta­qué par les bri­gands qui lui ont vo­lé ses biens et se sont en­fuis, comme on l’aperçoit en bas à gauche du ta­bleau. Le sa­ma­ri­tain met toutes ses forces pour le his­ser sur son propre che­val et lui pro­di­guer des soins.

Dans l’Évangile de Jé­sus-Christ se­lon saint Luc (Lc 10, 30-37) la pa­ra­bole de Jé­sus est une ré­ponse au doc­teur de la loi qui lui de­mande ce qu’il doit faire pour avoir la vie éter­nelle. Jé­sus le ren­voie à la Loi mais ce­la ne lui suf­fit pas ! Jé­sus ra­conte alors l’histoire de ce bon sa­ma­ri­tain consi­dé­ré comme un étran­ger et même comme un étran­ger par les juifs. (Jn 4, 9) Mal­gré ce­la, il se fait mi­sé­ri­cor­dieux comme Dieu lui-même en­vers un homme at­ta­qué par des bri­gands, alors que le prêtre et le lé­vite ne se sont pas arrêtés.

Le pay­sage du ta­bleau de Van Gogh illustre cette scène. Une trouée mar­quée par la ri­vière qui s’enfuit vers les mon­tagnes loin­taines nous oblige à voir au-de­là de la scène elle-même et à trou­ver un sur­plus de sens au récit.

Ce sa­ma­ri­tain, bien réel, n’évoque-t-il pas l’appel per­ma­nent de Jé­sus que nous ne voyons pas mais qui nous re­quiert au se­cours de notre pro­chain ? Ne nous in­vite-t-il pas à voir en tout homme éprou­vé Jé­sus lui-même ? Sei­gneur donne nous d’aller plus loin, de te re­con­naître dans le pauvre et le mal­heu­reux.
Do­mi­nique de Pi­rey, his­to­rienne de l’art et théologienne

Ubi ca­ri­tas et amor,
Deus ibi est.

Congre­ga­vit nos in unum
Chris­ti amor.
Ex­sul­te­mus et in ip­so ju­cun­de­mur.
Ti­mea­mus et ame­mus Deum vi­vum.
Et ex corde di­li­ga­mus nos
sin­ce­ro.

Ubi ca­ri­tas et amor,
Deus ibi est.
Amen.
Pau­lin d’A­qui­lée (~730-802)

Là où sont la cha­ri­té et l’amour,
Dieu est présent.

L’amour du Christ nous a ras­sem­blés
et nous sommes un.
Exul­tons et ré­jouis­sons-nous en lui.
Crai­gnons et ai­mons le Dieu vi­vant
et ai­mons-nous les uns les autres
d’un cœur sincère.

Là où sont la cha­ri­té et l’amour,
Dieu est pré­sent.
Amen.