Vincent van Gogh. Le semeur

Franz Schubert, Rosamunde, Entr’acte no 3, Berliner Philharmoniker, dir. Claudio Abado

Vincent van Gogh (1853-1890)
Le semeur (1888)
Fondation Collection E.G. Bührle, Zurich

Vincent van Gogh a peint ce tableau lors de son séjour à Arles. Ce séjour, de février 1888 à mai 1889, prend fin lors de l’internement du peintre à l’asile de Saint-Rémy-de-Provence.

Le soleil, en arrière-plan, frôle la ligne d’horizon. Il se couche. Sa couleur est d’un jaune uniforme, ce qui peut surprendre. Le spectateur aurait plutôt escompté un soleil rougeâtre ou orangé. Sa taille surprend également. Cependant, par effet d’optique, le soleil et la lune nous paraissent parfois de taille inhabituelle. Cet effet est reproduit dans le tableau, voire exagéré.

Les feuilles de l’arbre semblent indiquer que la scène se situe en automne. Les récoltes terminées, les terres sont au repos et le semeur prépare la terre pour le printemps suivant. Les graines ont une taille démesurée et semblent peintes d’une seule touche de peinture noire. Le spectateur peut imaginer que le semeur termine sa journée de labeur, du fait de l’arrivée imminente de la nuit. Le semeur est en contre-jour, il est donc à peine visible et paraît une ombre.

Les différentes couches de peinture des champs permettent d’imaginer des sillons qui tendent vers le soleil. A l’opposé le soleil est peint de couches de peinture concentriques. L’arbre prend, quant à lui, une orientation légèrement différente, ce qui apporte un équilibre dans la construction du tableau.

Le ciel vert et le champ violet accentuent l’impression d’un paysage fantastique. Vincent van Gogh ne cherche absolument pas à obtenir un effet réaliste. Le champ bleu pourrait être un champ de lavande.

L’ensemble des couleurs utilisées ainsi que l’art avec lequel celles-ci sont mélangées, surprennent le spectateur.