Vincent van Gogh. Le se­meur, mé­lange de couleurs

Franz Schu­bert (1797-1828), Ro­sa­munde, En­tr’acte no 3
Ber­li­ner Phil­har­mo­ni­ker, dir. Clau­dio Aba­do (2009)

Vincent van Gogh (1853-1890)
Le se­meur (1888)
Fon­da­tion Col­lec­tion E.G. Bührle, Zurich 


Vincent van Gogh a peint ce ta­bleau lors de son sé­jour à Arles. Ce sé­jour, de fé­vrier 1888 à mai 1889, prend fin lors de l’in­ter­ne­ment du peintre à l’a­sile de Saint-Rémy-de-Provence.

Le so­leil, en ar­rière-plan, frôle la ligne d’­ho­ri­zon. Il se couche. Sa cou­leur est d’un jaune uni­forme, ce qui peut sur­prendre. Le spec­ta­teur au­rait plu­tôt es­comp­té un so­leil rou­geâtre ou oran­gé. Sa taille sur­prend éga­le­ment. Ce­pen­dant, par ef­fet d’op­tique, le so­leil et la lune nous pa­raissent par­fois de taille in­ha­bi­tuelle. Cet ef­fet est re­pro­duit dans le ta­bleau, voire exagéré.

Les feuilles de l’arbre semblent in­di­quer que la scène se si­tue en au­tomne. Les ré­coltes ter­mi­nées, les terres sont au re­pos et le se­meur pré­pare la terre pour le prin­temps sui­vant. Les graines ont une taille dé­me­su­rée et semblent peintes d’une seule touche de pein­ture noire. Le spec­ta­teur peut ima­gi­ner que le se­meur ter­mine sa jour­née de la­beur, du fait de l’ar­ri­vée im­mi­nente de la nuit. Le se­meur est en contre-jour, il est donc à peine vi­sible et pa­raît une ombre.

Les dif­fé­rentes couches de pein­ture des champs per­mettent d’i­ma­gi­ner des sillons qui tendent vers le so­leil. A l’op­po­sé le so­leil est peint de couches de pein­ture concen­triques. L’arbre prend, quant à lui, une orien­ta­tion lé­gè­re­ment dif­fé­rente, ce qui ap­porte un équi­libre dans la construc­tion du tableau.

Le ciel vert et le champ vio­let ac­cen­tuent l’im­pres­sion d’un pay­sage fan­tas­tique. Vincent van Gogh ne cherche ab­so­lu­ment pas à ob­te­nir un ef­fet réa­liste. Le champ bleu pour­rait être un champ de lavande.

L’en­semble des cou­leurs uti­li­sées ain­si que l’art avec le­quel celles-ci sont mé­lan­gées, sur­prennent le spectateur.