Marc Au­rèle. L’­homme est ca­pable de sagesse

Marc Au­rèle, marbre, IIe siècle
Le Louvre, Paris 


Chaque être doit ac­com­plir ce qui est en ac­cord avec sa consti­tu­tion. Tous les autres êtres ont été consti­tués en vue des êtres rai­son­nables, comme, dans n’im­porte quel ordre, les choses in­fé­rieures en vue des su­pé­rieures, mais les êtres rai­son­nables l’ont été les uns pour les autres. Dans la consti­tu­tion de l’­homme, le ca­rac­tère es­sen­tiel est donc la sociabilité.

Le se­cond, c’est la fa­cul­té de ré­sis­ter aux sol­li­ci­ta­tions cor­po­relles, car le propre du mou­ve­ment de la rai­son et de l’in­tel­li­gence est de se don­ner sa li­mite à lui-même et de ne ja­mais être vain­cu par les mou­ve­ments des sens ni par ceux de l’ins­tinct. Ces deux mou­ve­ments en ef­fet sont de na­ture ani­male. Mais le mou­ve­ment de l’in­tel­li­gence veut pré­do­mi­ner et ne pas être maî­tri­sé par eux, et ce­la à juste titre, car il est d’une na­ture à pou­voir se ser­vir de tous les autres.

En troi­sième lieu, il est dans la consti­tu­tion d’un être rai­son­nable de ne pas se mon­trer prompt à ju­ger, ni fa­cile à duper.

Marc Au­rèle (121-180), Pen­sées pour moi-même, livre VII, art. 55
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