▷ כָּל נִדְרֵי, Kol Ni­dré, Tous les vœux

כָּל נִדְרֵי, Kol Ni­dré, Tous les vœux
Azi Schwartz, Park Ave­nue Sy­na­gogue, New York

Mah­zor tos­can (~1490), in­té­grant les pa­roles du chant Kol Ni­dré et une re­pré­sen­ta­tion du grand-prêtre ou­vrant le voile du Saint des saints

Confron­tés aux de­mandes de nom­breux fi­dèles in­ca­pables de te­nir leurs ser­ments et an­gois­sés à cette idée à l’approche de Roch Ha­cha­na, jour de ju­ge­ment se­lon la tra­di­tion, les Sages avaient de­vi­sé de la pos­si­bi­li­té de ha­ta­rat ne­da­rim (abro­ga­tion des vœux) en cer­taines cir­cons­tances et sous cer­taines condi­tions. Les te­nants et abou­tis­sants du vœu de­vaient être at­ten­ti­ve­ment exa­mi­nés par un Sage, un ex­pert ou, éven­tuel­le­ment, un beit din (tri­bu­nal) de trois per­sonnes qui dé­ci­dait alors de le rendre nul s’il était clair que la per­sonne n’avait pas cal­cu­lé les consé­quences de ses paroles.

Le Kol Ni­dré a été cri­ti­qué par les non-juifs, car com­ment faire confiance à un peuple qui se désen­gage chaque an­née de ses obli­ga­tions ? Mais le Kol Ni­dré n’an­nule pas les en­ga­ge­ments à l’é­gard d’au­trui, il n’est qu’un acte d’­hu­mi­li­té, le constat d’une in­adé­qua­tion entre nos mots et nos actes, une ré­serve sur le pou­voir du langage.

Une des spé­ci­fi­ci­tés de Kip­pour est que les fi­dèles réunis à la sy­na­gogue portent leur châle de prière (tal­lit) en conti­nu. L’office dé­bute, le pre­mier soir de la fête, par un chant tra­di­tion­nel d’origine mé­dié­vale, nom­mé כָּל נִדְרֵי (Kol Ni­dré, Tous les vœux). La prière in­tègre une confes­sion des pé­chés lors de la­quelle on se frappe la poi­trine au ni­veau du cœur.

Que tous les vœux, les in­ter­dits per­son­nels et col­lec­tifs,
les ser­ments et choses équi­va­lentes
que nous au­rions for­mu­lés et contrac­tés,
toutes les pro­messes et tous les en­ga­ge­ments
que nous au­rions faits et pris de­vant Dieu,
à comp­ter de la date de ce Yom Kip­pour-ci
et jusqu’au Yom Kip­pour à ve­nir,
nous les ré­trac­tons ci-de­vant,
qu’ils soient nuls et non ave­nus,
puisque nous ne sommes pas as­su­rés de les te­nir.
Nos vœux ne sont plus des vœux,
nos en­ga­ge­ments ne sont plus des en­ga­ge­ments,
nos ser­ments ne sont plus des serments.