Claude Debussy (1862-1918), Rêverie
François-Joël Thiollier, pianiste

Pablo Picasso (1881-1973)
Feuille de musique et guitare (1912)
Fusain et papiers découpés, collés ou épinglés
Musée d’art moderne- Centre Pompidou, Paris
Au printemps 1912, Picasso réintroduit de la réalité dans ses peintures avec le papier collé, qui revient à Braque, à la fin d’un été de travail en commun à Sorgues.
Feuille de musique et guitare (1912) appartient à une première série : Picasso y prend d’emblée le contrepied de Braque. Ici l’armature dessinée n’est plus visible, elle a été entièrement recouverte par de grands morceaux de papier, certains colorés vivement, d’autres découpés dans une partition. L’impact de la Guitare construite en carton (musée Picasso, Paris) y est flagrant, comme sur le reste de la série.
Des photographies de l’atelier de la fin 1912 la montrent accrochée au milieu des mises en place dessinées de ses papiers collés en cours (dont le nôtre), comme pour mieux éprouver la possibilité de « mettre à plat » l’assemblage, de le démonter et le remonter, de construire une autre guitare au moyen de la seule superposition de différents papiers – surmontée au final par le petit rectangle épinglé figurant les cordes de l’instrument. Ces épingles de fixation, souvent laissées en place (ainsi, par exemple, sur quatre papiers collés de la seule collection du musée Picasso), ajoutent leur poids de réalité brute, et une touche de feinte négligence, à l’édifice sophistiqué du papier collé.
© Isabelle Monod-Fontaine
P. Picasso. Le violon (1912)

Pablo Picasso (1881-1973)
Le violon (1912)
Huile et matériaux divers sur toile
Musée Pouchkine, Moscou
Le tableau « Violon » est réalisé par Pablo Picasso à l’été 1912, lorsqu’il travaille à Sorgue et crée une série d’œuvres représentant des instruments de musique.
Sa peinture change et le mène à la prochaine étape du cubisme, appelée synthétique. Picasso décompose l’instrument de musique en éléments constitutifs distincts, le montrant simultanément à partir de différents points de vue. Le spectateur doit de son côté faire un travail d’analyse sur la reconstruction de l’instrument. La composition forme un ensemble synthétique, bien que chacun des détails du violon soit remarquable par sa beauté propre. Tous sont disposés de manière à ne pas donner une image conventionnelle du violon. Pour Picasso la musique en tant que forme d’art n’illustre rien mais crée son propre monde artistique. C’est ce dont rend compte cette représentation de l’instrument.
Pour le format de l’œuvre, l’artiste utilise un ovale dont la forme harmonieuse est associée à l’image du violon. Picasso fait figurer dans le tableau la texture de l’arbre à partir duquel l’instrument de musique est fabriqué. Il utilise déjà des fragments d’objets prêts à l’emploi : des bouts de journaux, des étiquettes de tabac, des papiers peints qui apparaissent dans la phase du cubisme synthétique.
© Ciné-Club, Caen
