J. Rat­zin­ger. Saint Vincent de Paul

27 sep­tembre

« Ils se mon­traient as­si­dus à l’enseignement des apôtres, fi­dèles à la com­mu­nion, à la frac­tion du pain et aux prières » (Ac 2, 42). C’est ain­si que saint Luc dé­crit la pre­mière com­mu­nau­té chré­tienne. Il sou­haite ain­si la don­ner en exemple pour l’Église de tous les temps. Il énu­mère les forces qui sous-tendent l’édifice de l’Église, et qui lui don­ne­ront tou­jours sa co­hé­sion et son dynamisme.

Ce que nous pou­vons re­mar­quer avant tout, c’est que cette Église prie ; elle ne s’éloigne pas de la mai­son du Sei­gneur, de­ve­nant elle-même un temps spi­ri­tuel. Elle est au ser­vice de la gloire de Dieu dont elle tire sa joie. Elle nous ap­pa­raît comme un culte per­ma­nent ren­du à Dieu sous la conduite des apôtres. Mais sa prière qui la tourne vers Dieu ne la dé­tourne pas pour au­tant des hommes ; elle ne fuit pas dans un iso­le­ment idyl­lique de­vant les luttes par­fois si dures qui ja­lonnent l’Histoire.

La par­tie cen­trale du culte ren­du à Dieu s’exprime par la frac­tion du pain qui fonde la vie de la com­mu­nau­té ec­clé­siale. Elle a pris nais­sance dans le fait que ses membres, après avoir rom­pu le pain, met­taient tous leurs biens en com­mun, et ils sont de­ve­nus ca­pables de vivre en­semble, don­nant l’exemple de cette éga­li­té et de cette fra­ter­ni­té qui n’existaient pas jusqu’alors.

Mais Luc, en plus de la dia­co­nie et la frac­tion du pain, men­tionne aus­si un troi­sième trait qui, se­lon lui est le plus ca­rac­té­ris­tique, à sa­voir « l’attachement des fi­dèles à l’enseignement des apôtres ». Ce­la veut dire que l’amour va de pair avec la foi dans l’homme, mais cette foi dans l’homme ne de­vient pos­sible à long terme que si l’on croit en Dieu. C’est la foi en Dieu qui nous fait re­con­naître Dieu en l’homme, qui nous per­met de croire en lui en dé­pit des ap­pa­rences par­fois hi­deuses.

La foi n’est pas une sorte de ba­gage idéo­lo­gique que nous de­vrions traî­ner en ac­com­plis­sant nos tâches tem­po­relles, mais elle en est le fon­de­ment. C’est grâce à elle que l’on peut ai­mer les hommes, et dé­ployer une ac­ti­vi­té ca­ri­ta­tive en leur fa­veur. C’est à par­tir de la foi qu’apparaît dans le monde une nou­velle di­men­sion de l’humanité, une nou­velle sorte d’égalité et de fra­ter­ni­té ca­pable de ré­sis­ter à l’épreuve du temps.

Tout au long de l’Histoire, les saints ex­pliquent la Pa­role de Dieu par leur propre vie. Grâce à eux, le fon­de­ment de l’Église, la Loi vi­vi­fiante de l’Esprit Saint re­çoit un éclai­rage tou­jours nou­veau, ca­pable de main­te­nir et faire croître l’Église.

Aujourd’hui, nous fê­tons saint Vincent de Paul. Comme les saints ont vé­cu leur vie en com­mu­nion avec le Res­sus­ci­té, ils n’appartiennent pas au pas­sé, bien au contraire, ils nous pré­cèdent dans notre marche vers le ciel nou­veau et la terre nou­velle. Ain­si, lorsque nous sui­vons les traces des saints, nous ne re­tour­nons pas au pas­sé, mais nous avan­çons dans la di­rec­tion du monde à ve­nir. C’est dans ce sens que nous al­lons in­ter­ro­ger la fi­gure de saint Vincent, pour voir com­ment il a vé­cu la Loi fon­da­men­tale de l’Église, dans quelle me­sure sa vie re­pré­sente pour nous l’idéal chré­tien va­lable tout au­tant aujourd’hui qu’il le se­ra demain.

Je­tons un coup d’œil ré­tros­pec­tif sur le siècle qui ser­vait de cadre his­to­rique à la vie de notre saint. Ce fut l’époque des guerres de re­li­gion où les hommes au nom de leur foi (ou plus exac­te­ment de ce qu’ils croyaient être leur foi), se sont af­fron­tés en pa­roles mais aus­si en pre­nant l’épée. Ils ont trans­for­mé la re­li­gion en un fa­na­tisme cruel dans la convic­tion de pos­sé­der la vé­ri­té. C’est à cette époque-là que saint Vincent de Paul a vé­cu la foi comme le don et la force de la cha­ri­té. Avec quelques per­sonnes qui pen­saient comme lui il a pu re­nou­ve­ler la foi de son temps, et cette foi pu­ri­fiée de la vio­lence fa­na­tique a ren­du pos­sible que sa vie de­vienne source de gué­ri­son et de sa­lut.

Saint Vincent de Paul a vé­cu en vrai croyant. Il a consi­dé­ré comme sa tâche pri­mor­diale, l’évangélisation des pauvres, tout comme Jé­sus, d’après la pro­phé­tie d’Isaïe par­lant du Mes­sie (Is 61,1, Lc 14, 8). « An­non­cer la Bonne Nou­velle aux pauvres » dans une époque où aus­si bien en France qu’en Al­le­magne la mi­sère était telle qu’on ne sau­rait guère l’imaginer aujourd’hui. Entre la peste, la fa­mine et la guerre on di­rait que les ca­va­liers de l’Apocalypse avaient réus­si à sup­pri­mer tout être vi­vant. La cruau­té, la mé­chan­ce­té et tant de mé­faits ont ter­ni l’image de Dieu dans l’homme en la ren­dant mé­con­nais­sable. La conver­sion de saint Vincent consiste dans le fait qu’il était bou­le­ver­sé à la vue de cette ter­rible mi­sère de ses contem­po­rains. C’est grâce à sa conver­sion qu’il a pu per­ce­voir la ra­cine de cette mi­sère épou­van­table : au-de­là de la ma­la­die et de la fa­mine il a vu que les hommes ayant per­du la conscience de la pré­sence de Dieu avaient per­du aus­si leur propre di­gni­té en même temps que le res­pect dû à la per­sonne de l’autre.

De cette fa­çon, saint Vincent s’est ren­du compte que la pre­mière chose à faire, c’est non seule­ment de don­ner aux pauvres du pain et des mé­di­ca­ments, mais sur­tout de leur an­non­cer l’Évangile. C’est l’Évangile qui pro­dui­ra en­suite en eux un chan­ge­ment in­té­rieur après leur avoir fait ex­pé­ri­men­ter l’Amour du Dieu vi­vant.

C’est après avoir re­con­nu que la mi­sère hu­maine la plus pro­fonde exi­geait l’amour le plus in­tense qu’il a fon­dé la so­cié­té des prêtres mis­sion­naires (ap­pe­lés les La­za­ristes). Les membres de cette so­cié­té ne de­vaient pas se conten­ter de me­ner une vie ren­fer­mée mais de­vaient sor­tir de leur pe­tit cercle pour an­non­cer par­tout l’Évangile de Dieu. Ce nou­veau mo­dèle de sa­cer­doce a sus­ci­té en­suite les re­traites et les confé­rences du di­manche, ap­por­tant un re­nou­veau hu­main et spi­ri­tuel. Ce n’est que l’Évangile qui pou­vait réa­li­ser cette cha­ri­té qui, par le pain et par la mé­de­cine de mi­sé­ri­corde, a fi­ni par re­mettre les hommes debout.

Et c’est en­core va­lable aujourd’hui ; l’action ca­ri­ta­tive sans fon­de­ment spi­ri­tuel ne peut pro­duire un monde meilleur ; une thé­ra­pie pu­re­ment psy­cho­lo­gique sans autre ar­rière-fonds que notre opi­nion per­son­nelle ne ré­sout pas les pro­blèmes, ne sert pas vrai­ment les hommes. Le fon­de­ment le plus in­time et le res­sort le plus stable de la cha­ri­té, c’est la foi, ce don que Dieu fait aux hommes, ce don qui ap­porte à l’homme tout ce dont il a be­soin.

Vincent était un homme de foi, d’une foi pra­tique et pas seule­ment théo­rique. C’est dans la pre­mière phrase des Actes des Apôtres (1,1) qu’il a trou­vé le ré­su­mé le meilleur et le plus court de ce qu’il a consi­dé­ré comme l’essence du chris­tia­nisme : En ef­fet, Luc a re­la­té dans son Évan­gile ce que Jé­sus fai­sait et en­sei­gnait. De cette phrase Vincent a dé­duit que l’évangéliste vou­lait dé­crire d’abord les faits et gestes de Jé­sus pour qu’ils montrent en­suite le che­min vers la com­pré­hen­sion. Le fait d’être chré­tien doit se tra­duire d’abord dans les actes, dans un cer­tain style de vie.

Par cet idéal Vincent s’est op­po­sé aux sa­lons de la haute so­cié­té de son temps où l’on dis­ser­tait de la foi seule­ment au ni­veau in­tel­lec­tuel. Il est vrai que de nos jours il n‘existe plus de ces sa­lons du XVIIe siècle fran­çais, mais le dan­ger nous guette tout aus­si bien de nous conten­ter de dis­cu­ter am­ple­ment au lieu d’agir en vé­ri­té. Saint Cy­prien qui a vé­cu à l’époque des mar­tyrs di­sait un jour : « Nous chré­tiens, on ne parle pas beau­coup, on se contente de vivre. » Aujourd’hui hé­las, on se­rait ten­té de dire : nous par­lons beau­coup, mais nous vi­vons à peine.

Vincent s’est op­po­sé non seule­ment au ver­biage d’un cer­tain type de chré­tien­té mais aus­si au fait que l’on consi­dé­rait l’idéal chré­tien seule­ment sous sa forme contem­pla­tive, re­ti­rée du monde par crainte des vi­cis­si­tudes. En ef­fet, les jeunes filles nobles de l’époque choi­sis­saient le cloître pour fuir les atro­ci­tés du temps. Bien que la vie contem­pla­tive consti­tue une par­tie in­té­grante du chris­tia­nisme, elle ne doit ja­mais être une fuite de­vant les dif­fi­cul­tés. La vie ac­tive aus­si doit tou­jours fleu­rir dans l’Église pour ac­com­plir la vo­ca­tion re­çue du Christ : le Fils Unique de Dieu est des­cen­du sur terre pour nous vi­si­ter. C’est pour­quoi nous aus­si, nous de­vons nous tour­ner vers les hommes pour les vi­si­ter et les ser­vir. Ayant com­pris ce­la, saint Vincent de Paul a fon­dé la congré­ga­tion des Filles de la Cha­ri­té qui, avec des liens souples, ou­verts et libres entre elles ac­com­plissent leur service.

Comme nous l’avons dit plus haut, notre saint vou­lait des per­sonnes qui an­noncent l’Évangile par leur vie. Il ne s’agit pas de contem­pler dans un cloître, ni de dis­cu­ter en théo­lo­gien, mais de suivre le Christ qui la­vait les pieds de ses dis­ciples, de se pen­cher sur les hommes avec un cœur simple. Voi­là pour­quoi il s’adressait à des jeunes filles simples et joyeuses de la cam­pagne pour qui la foi n’était pas seule­ment l’objet de com­pré­hen­sion in­tel­lec­tuelle, mais une réa­li­té qu’elles ont ex­pé­ri­men­tée par leur simple agir pour elles-mêmes et pour les autres.

Ce nou­veau type de com­mu­nau­té ap­pe­lée à suivre l’Évangile de­vait avoir une spi­ri­tua­li­té qui re­flète celle du Christ du la­ve­ment des pieds : c’est-à-dire l’humilité. Sainte-Beuve a fait cette re­marque im­pi­toyable mais qui n’est pas sans fon­de­ment, au su­jet des re­li­gieuses du Port Royal : « Elles sont pures comme les anges, mais or­gueilleuses comme les dé­mons. » « Si nous vou­lons res­sem­bler aux anges sans être humbles, nous au­rons beau avoir toutes les autres ver­tus, elles ne nous ser­vi­ront à rien s’il nous manque l’humilité » (Saint Vincent de Paul par Jean-Fran­çois Six, 1980).

Comme les Pères de l’Église par­laient de l’Église, saint Vincent com­pare cette nou­velle congré­ga­tion qu’il a fon­dée éga­le­ment à l’Arche de Noé où il y avait des ani­maux purs et im­purs, des pe­tits et des grands, parce que Dieu vou­lait les sau­ver tous, après les avoir créés cha­cun par amour. Vincent op­pose à juste titre cette vraie image de l’Église à l’orgueil des jan­sé­nistes trop fiers de leur élec­tion. Nous aus­si, nous avons tou­jours be­soin de pen­ser à l’Arche de Noé où ha­bi­taient en­semble les ani­maux purs et im­purs. C’est la vo­lon­té de Dieu que nous for­mions l’Église de cette ma­nière ; en la sup­por­tant et en l’aimant ain­si, nous de­ve­nons nous-mêmes l’Église.

Lorsqu’on vit dans une congré­ga­tion on doit être prêt de vivre comme dans une Arche de Noé, tous en­semble et non pas cha­cun se­lon ses propres idées. Ce n’est qu’ainsi que nous pou­vons vivre à l’imitation de l’humilité de Jé­sus Christ, pour « an­non­cer la Bonne nou­velle aux pauvres », cette Bonne nou­velle qui s’adresse à tous ceux que Dieu veut sau­ver en les in­vi­tant dans son Arche de sa­lut. Ce­la a en­traî­né saint Vincent de Paul aus­si pour conce­voir un grand pro­jet de chan­ge­ment pour la so­cié­té. Il vou­lait que tous les mar­gi­naux de la so­cié­té : les faibles d’esprit si mé­pri­sés, les ma­lades, les pauvres et les femmes jouissent des mêmes droits que les chré­tiens des sa­lons ou des aca­dé­mi­ciens.

Je vou­drais in­sis­ter aus­si sur l’étroite col­la­bo­ra­tion de Vincent avec Louise de Ma­rillac qui connais­sait si bien les cha­rismes fé­mi­nins. Il at­ti­rait l’attention sur la mis­sion et le rôle ir­rem­pla­çable que les femmes de­vraient jouer dans l’Église car elles sont ca­pables d’annoncer l’Évangile du Christ d’une fa­çon nou­velle. L’annonce de l’Évangile se­ra com­plète dans la me­sure où les femmes, en ce cas pré­cis, les Filles de la Cha­ri­té y contri­bue­ront par leurs actes. Cette an­nonce ne pren­dra ra­cine, et elle ne tou­che­ra pas les cœurs sans faire voir l’amour qui soigne, et qui té­moigne ain­si de la foi.

Voi­là pour­quoi les congré­ga­tions fé­mi­nines ne sont ja­mais su­per­flues dans l’Église ; leur exis­tence n’est pas in­dif­fé­rente du tout, on a tou­jours be­soin d’elles. L’Église ne vit pas seule­ment par ses sa­cre­ments mais aus­si des cha­rismes sus­ci­tés par le même Es­prit vi­vi­fiant ; les cha­rismes ne sont pas su­per­flus ; ils re­flètent la vie in­té­rieure de l’Église. Là où il n’y au­rait plus une telle vo­ca­tion, là où elle ne se­rait pas dé­si­rée, même si les sa­cre­ments conti­nuent d’être ad­mi­nis­trés, la vie de l’Église s’étiolerait ; se des­sé­che­rait. La crise de notre époque s’explique en par­tie par le fait qu’il manque de plus en plus des vo­ca­tions fé­mi­nines. Nous de­vons re­con­naître avec une conscience re­nou­ve­lée qu’un vrai chan­ge­ment fon­da­men­tal se pro­dui­rait seule­ment lorsque les jeunes se­raient de nou­veau ca­pables de dire oui à une vo­ca­tion sacerdotale.

Il existe de plus en plus d’hôpitaux et de mai­sons de re­traite d’où les sœurs sont par­ties. Lorsqu’on s’adresse à moi en tant qu’archevêque pour me de­man­der de les em­pê­cher de par­tir je peux consta­ter com­bien les gens trouvent leur ser­vice im­por­tant en re­gret­tant qu’il ne soit plus pos­sible, même par­mi ceux qui vivent en marge ou en de­hors de l’Église. Je pense qu’aujourd’hui on ne me­sure pas en­core com­plè­te­ment ce que ce­la si­gni­fie­rait pour notre pays et pour l’Église si le ser­vice des Filles de la Cha­ri­té ces­sait par­mi les per­sonnes âgées ou ma­lades. C’est pour­quoi je vou­drais in­vi­ter les prêtres, les re­li­gieuses et les laïcs à sus­ci­ter par­mi les jeunes le dé­sir et le cou­rage de ré­pondre à cette vo­ca­tion. Qu’ils sus­citent un cli­mat où la vo­ca­tion ne pa­raisse pas comme une chose cu­rieuse ou su­per­flue mais bien plu­tôt une dé­ci­sion im­por­tante et bien né­ces­saire dont nous pou­vons être tous re­con­nais­sants. C’est parce que nous re­con­nais­sons sa gran­deur et sa beau­té que nous pou­vons sou­hai­ter que d’autres en soient les bénéficiaires.

A vous, mes chères sœurs, je vou­drais re­dire : Per­sé­vé­rez dans votre ser­vice avec une joie in­té­rieure. Per­sé­vé­rez dans l’Arche de Noé ! Ai­mez l’Église qui res­semble à l’Arche de Noé, où vivent en­semble les ani­maux purs et im­purs. Ai­mez la sim­pli­ci­té de votre vie qui re­flète l’Évangile, elle est pour vous la vraie contem­pla­tion. Et je cite de nou­veau saint Vincent : « Ai­mez l’Eucharistie : ai­mez les pen­sées d’amour qu’elle inspire. » 

Saint Vincent de Paul a fer­mé les yeux à 4 h du ma­tin, le 27 sep­tembre 1660. Au­pa­ra­vant il se le­vait à cette heure ma­ti­nale pour com­men­cer le tra­vail de la jour­née. De cette fa­çon sa mort ne ren­voie pas à la nuit, mais à la Ré­sur­rec­tion. Il conti­nue à vivre dans le Christ Res­sus­ci­té tout au long de l’histoire comme il n’a ces­sé de Le re­gar­der, de Le suivre tout au long de sa vie.

Il nous pa­raît comme quelqu’un qui ex­plique par sa vie la pa­role de Dieu que nous li­sons au temps pas­cal : « Re­cher­chez les choses d’en-haut… Votre vie est ca­chée avec le Christ en Dieu » (Col 3,1.3). Si nous re­cher­chons cette vie ca­chée tout en la ma­ni­fes­tant, nous ren­dons dès main­te­nant pré­sent dans le monde d’aujourd’hui les choses d’en-haut. En ren­con­trant un tel homme, c’est comme si, avec l’apôtre Tho­mas, nous met­tions nos mains dans le cô­té ou­vert du Christ en nous écriant : Oui, Ce­lui qui a été trans­per­cé est vi­vant ! « Mon Sei­gneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28) C’est en Lui que nous pou­vons tou­cher l’Amour qui nous ap­pelle à Le suivre. Amen.

Jo­seph Rat­zin­ger (1927-2022), ho­mé­lie, ca­thé­drale de Mu­nich, le 26 avril 1981
> Bio­gra­phie