Mets en mon cœur le chant nouveau

Anne de Vries, œuvre contem­po­raine
Da­vid chan­tant des psaumes

Sei­gneur, mon Dieu, ouvre mes lèvres :
mets en mon cœur le chant nouveau.

Le chant de ce­lui qui se re­çoit de ta main :
« C’est toi qui m’as tis­sé dans le sein de ma mère :
je re­con­nais de­vant toi le pro­dige que je suis ! »

Le chant dont la mu­sique éveille l’aurore :
« Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt ;
je veux chan­ter, je veux jouer des hymnes. »

Le chant des bap­ti­sés qui ont pas­sé la mer
« Nous avons échap­pé au fi­let du chas­seur :
le fi­let s’est rom­pu : nous avons échappé ! »

Le chant de l’abandonné qui re­trouve les siens :
« Je pro­clame ton nom de­vant mes frères,
je te loue en pleine assemblée. »

Le chant du mal­heu­reux qui in­ter­roge les té­nèbres :
« Le Sei­gneur ne fe­ra-t-il que re­je­ter ?
Ne se­ra-t-il ja­mais plus favorable ? »

Le chant du bien-ai­mé qui s’endort dans ta paix :
« Tu as mis en mon cœur plus de joie,
que toutes leurs ven­danges et leurs moissons ! »

Le chant des tout-pe­tits qui voient ve­nir ton Règne :
« Que les fleuves battent des mains,
que les mon­tagnes chantent leur joie ! »

Le chant du pé­cheur heu­reux de ton par­don :
« Je ren­drai grâce au Sei­gneur en confes­sant mes pé­chés.
De chants de dé­li­vrance, tu m’as entouré. »

Le chant de l’enfant qui ap­prend tout de ta mère :
« Mon âme exalte le Sei­gneur,
exulte mon es­prit en Dieu, mon Sauveur ! »

« Sei­gneur, mon Dieu, ouvre mes lèvres,
et ma bouche pu­blie­ra ta louange. »

Di­dier Rim­baud (1922-2003)