
Luis Tristán de Escamilla (1585 - 1624)
Sainte Monique (1616)
Museo Nacional del Prado, Madrid
27 août
Monique (~331-387) est une chrétienne d’origine berbère, qui vécut à Thagaste (actuelle Souk Arhas, Algérie) et mourut à Ostie (Italie), sous l’Empire romain.
Mère de saint Augustin d’Hippone, celui-ci lui a rendu un vibrant hommage, particulièrement dans ses Confessions, ouvrage qui reste la principale source d’informations concernant Monique.
Reconnue sainte par l’Église Catholique et l’Église Orthodoxe, elle est fêtée le 27 août, veille de la fête de son fils.
On sait que Monique avait vingt-trois quand elle donna naissance à Augustin, son premier né, mais on ignore à quel âge elle épousa le père de celui-ci, un païen nommé Patricius. C’était un homme bon, affectueux et ouvert d’esprit : non seulement il laissera sa femme élever leur fils dans un intense climat de foi chrétienne, mais finira même par s’inscrire vers 370 au catéchuménat et recevra le baptême quelque temps avant de mourir. Cependant, toute sa vie durant, il aura conservé la mentalité du paganisme, et se sera montré enclin au libertinage. Monique endura vertueusement les travers de ce mari volage. Elle gagna aussi sa belle-mère à Jésus-Christ, après l’avoir fait revenir des préventions qu’elle avait conçues contre elle.Monique n’aura rien épargné en vue de l’éducation d’Augustin, parvenant d’autant mieux à lui inculquer la foi chrétienne que tout, dans son propre comportement, confirmait la véracité et la grandeur des enseignements évangéliques.
Elle mettait au nombre de ses principaux devoirs le soin de soulager les pauvres. Elle allait à l’église le matin et le soir, afin de se trouver à la prière publique et d’entendre la Parole de Dieu. Cela ne l’empêchait pas de veiller au soin de sa maison, et surtout à l’éducation de ses enfants. Elle avait deux fils, Augustin et Navigius, et une fille dont on ignore le nom. Après la mort de son époux, elle passa son veuvage dans l’exercice des œuvres de miséricorde.
Elle ne cessait de répandre d’abondantes larmes dans ses prières à Dieu pour son fils, qui avait été séduit par la secte des Manichéens, après avoir mené une vie de débauche. Il vécut 14 ans avec une concubine dont il aura un fils. Elle le suivit pourtant à Milan, où elle l’exhortait à suivre l’enseignement de l’évêque Ambroise. Cédant à ses désirs, il reconnut la vérité de la foi chrétienne et reçut le baptême de ses mains en 387.

Sano di Pietro (1405 – 1481)
Mort de Monique à Ostie et retour d’Augustin en Afrique (~1430)
Fitzwilliam Museum, Cambridge
Une fois le baptême célébré, Augustin résolut, fin septembre, de rentrer en Afrique. Arrivés à Ostie, la mère et le fils ne purent embarquer immédiatement, la flotte de l’usurpateur Maxime bloquant les ports de Rome. C’est alors qu’ils partagèrent une expérience d’extase, connue dans l’histoire de la spiritualité sous le nom de « Vision d’Ostie », au cours de laquelle ils remontèrent jusqu’aux sources de l’Être. Monique tomba malade et décéda au bout de neuf jours, le 13 novembre 387, à l’âge de cinquante-six ans, laissant un Augustin inconsolable. Elle fut inhumée dans l’église d’Ostie. Plus tard, sous le pontificat de Martin V, ses restes furent transportés à Rome et placés dans l’église qui porte le nom de Saint Augustin.
Au Livre des Confessions, saint Augustin parle de la mort de sa mère :
« Nous ne pensâmes pas qu’il fût convenable de célébrer ses funérailles par des plaintes, des pleurs et des gémissements, parce que ce n’était point dans la peine qu’elle mourait, et qu’elle ne mourait pas non plus tout entière.
Ensuite, j’étais ramené insensiblement à ma première douleur au sujet de cette servante du Seigneur. Je me rappelais sa dévotion envers Dieu, envers nous sa piété, sa tendresse, ses bons avis, dont je me trouvais tout à coup privé et ce fut pour moi un amer plaisir de pleurer sur elle et pour elle.
Si quelqu’un venait à trouver blâmable que j’eusse pleuré ma mère, elle qui pendant tant d’années, avait tant pleuré pour que je fusse vivant devant les siens : qu’il ne se rie pas de moi. Que plutôt, s’il a quelque charité, il pleure pour mes péchés devant Toi, Seigneur.«
Saint Augustin, Confessions, livre V, chapitre 12
Benoît XVI
Sainte Monique, mère de saint Augustin, est considérée comme le modèle et la patronne des mères chrétiennes. Beaucoup d’informations ont été fournies sur elle par son fils dans son livre autobiographique Les confessions, chef-d’œuvre parmi les plus lus de tous les temps. Nous apprenons ici que saint Augustin buvait le nom de Jésus avec le lait maternel et fut éduqué par sa mère à la religion chrétienne, dont les principes restèrent imprimés en lui, même durant ses années d’égarement spirituel et moral. Monique ne cessa jamais de prier pour lui et pour sa conversion, et eut la consolation de le voir revenir à la foi et de recevoir le baptême. Dieu exauça les prières de cette sainte mère, à laquelle l’évêque de Thagaste avait dit : « Il est impossible que le fils de telles larmes soit perdu ».
En vérité, non seulement saint Augustin se convertit, mais il décida d’embrasser la vie monastique et, de retour en Afrique, fonda lui-même une communauté de moines. Les derniers colloques spirituels entre lui et sa mère, dans la tranquillité d’une maison d’Ostie, en attendant de s’embarquer pour l’Afrique, sont émouvants et édifiants. Désormais, sainte Monique était devenue pour son fils « plus qu’une mère, la source de son christianisme ». Son seul désir pendant des années avait été la conversion d’Augustin, qui s’orientait maintenant vers une vie de consécration au service de Dieu. Elle pouvait donc mourir heureuse, et effectivement, elle s’éteignit le 27 août 387, à 56 ans, après avoir demandé à ses fils de ne pas se donner de peine pour sa sépulture, mais de se souvenir d’elle, où qu’ils se trouvent, à l’autel du Seigneur. Saint Augustin répétait que sa mère l’avait « engendré deux fois ».
Benoît XVI, Angélus du 30 août 2009
