▷ Les jé­suites et la ré­forme ca­tho­lique (XVIe s.)


Jean-Fran­çois Ber­gier (1931-2009) Uni­ver­si­té de Ge­nève et Lau­sanne, École na­tio­nale des chartes
Phi­lippe Lé­cri­vain (1941-2020) Centre Sèvres, Pa­ris © RTS

L’une des pre­mières ver­sions du chris­to­gramme 1
Église du Gesú, Rome 

Les cri­tiques et la nou­velle théo­lo­gie des ré­for­ma­teurs ont obli­gés l’Église ca­tho­lique à en­tre­prendre un large mou­ve­ment de ré­no­va­tion. Le Concile de Trente, qui s’ouvre en 1545 et du­re­ra jusqu’en 1563, mar­que­ra la fin de l’Église ca­tho­lique du Moyen-Age. La ques­tion de la for­ma­tion du cler­gé et la ré­forme de ses mœurs de­vien­dront des prio­ri­tés. Les po­si­tions théo­lo­giques ca­tho­liques se­ront dé­fi­nies avec clar­té. Et la « Re­con­quis­ta » ca­tho­lique s’appuiera sur de nou­veaux ordres re­li­gieux, en par­ti­cu­lier les jé­suites.
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Bio­gra­phie
Jean-Fran­çois Ber­gier (1931-2009)
Après une li­cence en lettres ob­te­nue à l’U­ni­ver­si­té de Lau­sanne en 1954, il suit l’É­cole na­tio­nale des chartes où il ob­tient le di­plôme d’ar­chi­viste pa­léo­graphe en 1957 grâce à une thèse in­ti­tu­lée Re­cherches sur les foires et le com­merce in­ter­na­tio­nal à Ge­nève, prin­ci­pa­le­ment de 1480 à 1540.
Il est pro­fes­seur d’­his­toire éco­no­mique et d’é­co­no­mie so­ciale à l’u­ni­ver­si­té de Ge­nève de 1963 à 1969, puis à l’É­cole po­ly­tech­nique fé­dé­rale de Zu­rich. Il est élu membre cor­res­pon­dant de l’A­ca­dé­mie des sciences mo­rales et po­li­tiques et pro­fes­seur as­so­cié en his­toire éco­no­mique du Moyen Âge à la Sor­bonne de 1976 à 1978, avant de pré­si­der l’As­so­cia­tion in­ter­na­tio­nale d’­his­toire éco­no­mique de 1982 à 1986. En plus de nom­breux ou­vrages sur l’­his­toire éco­no­mique du Moyen Âge, il pu­blie plu­sieurs études sur l’é­co­no­mie liée aux Alpes.
Il pré­side de 1996 à dé­cembre 2001 la Com­mis­sion Ber­gier, for­mée d’un groupe d’ex­perts in­dé­pen­dants char­gés de faire la lu­mière sur les re­la­tions contro­ver­sées entre la Suisse et le Troi­sième Reich.

Phi­lippe Lé­cri­vain (1941-2020)
Il en­seigne l’histoire de l’Église au Centre Sèvres, la fa­cul­té jé­suite de Pa­ris. Il a par­ti­cu­liè­re­ment tra­vaillé sur l’histoire de son ordre, en par­ti­cu­lier sur son ac­ti­vi­té mis­sion­naire, Pour la plus grande gloire de Dieu, les mis­sions jé­suites, La fas­ci­na­tion de l’Extrême Orient ou Cultures et mis­sions jé­suites aux XVIIe et XVIIIe siècles, à la croi­sée de l’histoire et de la théo­lo­gie. Il a aus­si étu­dié le chris­tia­nisme so­cial dans plu­sieurs ou­vrages, par­mi les­quels Le mou­ve­ment so­cial ca­tho­lique en France, l’un de ses tout pre­miers livres.
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Note
1 Mo­no­gramme IHS sur­mon­té d’une croix et coif­fant un cœur trans­per­cé par trois clous - sym­boles de la cru­ci­fixion - puis dans les ver­sions ul­té­rieures seule­ment par les trois clous consi­dé­rés comme l’expression des vœux de pau­vre­té, chas­te­té et obéissance.

Le mo­no­gramme IHS qui re­pré­sente le nom de Jé­sus est par­fois in­ter­pré­té de plu­sieurs ma­nières, et no­tam­ment en la­tin comme Ie­sus Ho­mi­num Sal­va­tor. Mais que si­gni­fie-t-il vé­ri­ta­ble­ment ? Et, en fin de compte, est-il si jé­suite que cela ?

En réa­li­té il s’agit d’une abré­via­tion en trois par­ties du nom de Jé­sus, dans la­quelle le I et le H sont les pre­mières et le S la der­nière lettre du nom écrit en grec IHΣOYΣ (IH-SOUS, Jé­sus). Le H est la lettre grecque ETA et se pro­nonce E, ce qui est im­por­tant pour iden­ti­fier les lettres du mo­no­gramme. Sou­vent un pe­tit trait ho­ri­zon­tal sur­monte les trois lettres in­di­quant qu’il s’agit bien d’une abré­via­tion. Plus tard la lettre cen­trale de­vien­dra même une croix.