M. Schon­gauer. Tho­mas le Scep­tique (~1480)

Vic­ti­mae pa­scha­li laudes 1
Scho­la de la ca­thé­drale de Fri­bourg / CH

Ate­lier de Mar­tin Schon­gauer (~1450 - 1491)
Tho­mas le Scep­tique
«Re­table des Do­mi­ni­cains » (~1480)
Mu­sée Un­ter­lin­den, Colmar 🔍

Ce vo­let de re­table da­té des an­nées 1480, re­pré­sen­tant Saint Tho­mas, est ex­po­sé au mu­sée des Un­ter­lin­den à Colmar.

Il s’agit d’un vo­let d’un re­table peint vers 1480 par Mar­tin Schon­gauer ou par son ate­lier. Il était des­ti­né au maître-au­tel de l’église des do­mi­ni­cains de Colmar.

Le vo­let est di­vi­sé en 4 pan­neaux, les deux su­pé­rieurs re­pré­sentent la des­cente de la croix et la mise au tom­beau, les deux in­fé­rieurs la ren­contre de Ma­rie Ma­de­leine et du Christ après sa ré­sur­rec­tion ain­si que le pan­neau de Saint Thomas.

His­toire de Saint Tho­mas
Si le nom de Tho­mas est ci­té dans les Évan­giles Sy­nop­tiques, son rôle dans le mi­nis­tère du Christ se trouve es­sen­tiel­le­ment dans l’Évangile de Saint Jean. Il est ap­pe­lé Tho­mas le Di­dyme, c’est-à-dire le Ju­meau. Dans la tra­di­tion sy­riaque son nom est Ju­das Te’Oma. Te’Oma si­gni­fiant ju­meau en ara­méen, mais il est aus­si ap­pe­lé Jude Thomas.

Il est, comme d’autres dis­ciples, pê­cheur sur le lac de Ti­bé­riade. Il ap­pa­raît dans l’épisode de la ré­sur­rec­tion de La­zare et lors de la Der­nière Cène. Ce­pen­dant lorsque les dis­ciples lui an­noncent avoir vu le Sei­gneur res­sus­ci­té après sa cru­ci­fixion, il af­firme qu’il n’y croi­rait que s’il pou­vait mettre son doigt dans les plaies du Christ. La se­maine sui­vante, alors que les douze dis­ciples étaient réunis dans un lo­cal clos, le Christ leur ap­pa­rut et s’adressant à Tho­mas lui dit de mettre son doigt sur les plaies de ses mains, et sa main dans son cô­té, et ain­si ne plus se mon­trer in­cré­dule car « Heu­reux ceux qui croient sans avoir vu ». Ce doute lui va­lut le sur­nom de Tho­mas l’Incrédule ou le Sceptique.

Le pan­neau consa­cré à Saint Tho­mas re­pré­sente une pièce dans la­quelle se sont, par crainte, ré­fu­giés les dis­ciples du Christ après sa crucifixion.

La chambre est fer­mée par une porte aux so­lides fer­rures et même la fe­nêtre est oc­cul­tée. Seuls le Christ, ap­pa­ru mi­ra­cu­leu­se­ment, et Saint Tho­mas se font face, les autres Apôtres n’ayant vo­lon­tai­re­ment pas été re­pré­sen­tés. Le Christ, le vi­sage at­tris­té, por­tant la ban­nière de la Ré­sur­rec­tion, sai­sit le poi­gnet de Tho­mas pour por­ter sa main à la plaie de son flanc.

Le Saint, les ge­noux ployés, ne peut lui af­fir­mer qu’il croit en sa Ré­sur­rec­tion sim­ple­ment en le voyant, car le Christ l’oblige à faire ce qu’il avait pré­cé­dem­ment af­fir­mé aux disciples.

Bien que les cou­leurs uti­li­sées soient vives et écla­tantes, elles sont éclip­sées par l’or du nimbe sur­di­men­sion­né de l’Apôtre et du tis­su de bro­card d’or qui cache la fenêtre.

Mar­tin Schon­gauer, dit le Beau Mar­tin, est un peintre et gra­veur né à Col­mar vers 1450 et mort à Brei­sach en 1491.
Après une for­ma­tion dans l’atelier de gra­vure de son père Cas­par, il voyage en Al­le­magne, Flandre et Bour­gogne pour se per­fec­tion­ner. De re­tour à Col­mar en 1469 il al­lie­ra dans ses œuvres le go­thique au na­tu­ra­lisme du dé­but de la Re­nais­sance.
Si ses œuvres les plus connues sont des pein­tures – re­table d’Orlier et Vierge au buis­son de roses – son tra­vail de gra­veur fut im­por­tant et très ap­pré­cié à son époque.

1 À la vic­time pas­cale,
chré­tiens, of­frez le sa­cri­fice de louange.
L’Agneau a ra­che­té les bre­bis ;
le Christ in­no­cent a ré­con­ci­lié
l’homme pé­cheur avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent
en un duel pro­di­gieux.
Le Maître de la vie mou­rut.
Vi­vant, il règne.

Dis-nous, Ma­rie Ma­de­leine,
qu’as-tu vu en che­min ?
J’ai vu le sé­pulcre du Christ vi­vant,
j’ai vu la gloire du Res­sus­ci­té.
J’ai vu les anges ses té­moins,
le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon es­pé­rance, est res­sus­ci­té !
Il vous pré­cé­de­ra en Ga­li­lée.
Nous le sa­vons : le Christ
est vrai­ment res­sus­ci­té des morts.
Roi vic­to­rieux,
prends-nous tous en pi­tié !
Amen. Al­le­luia.