Dietrich Buxtehude (1637-1707), Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu (BuxWv 77)
Ricercar Consort, dir. Philippe Pierlot 1

Beau Dieu, XIIIe s.
Trumeau du portail du Jugement dernier
Cathédrale d’Amiens
Rm 8, 35-39
Nichts soll uns scheiden von der Liebe Gottes !
Wie sollte wohl heissen das zeitliche Leiden,
das Gottes Geliebte von Gott könnte scheiden ?
Wie sollte die Trübsal doch werden genannt,
die solche kann reissen aus göttlicher Hand ?
Ach, wahrlich, nicht Angst,
nicht Verfolgung und Not, nicht Hunger,
nicht Blöse, Gefahr oder Tod.
Auch ist kein erschaffnes Vermögen zu nennen, das Gottes Geliebte von Gott sollte trennen.
Hier gilt weder Engel noch Menschen Gewalt,
nicht Fürstentum Leben noch Todes Gestalt,
was ist oder künftig soll werden gebracht,
nicht Hohes, nicht Tiefes
noch einige Macht.
Denn Gott hat die Liebe so hoch ja getrieben, dass er sich mit eigenem Blute verschrieben in seinem geliebten und einzigen Sohn,
der mit ihm beherrschet
den himmlischen Thron ;
drum ist es vergeblich, was immer geschicht :
die göttliche Liebe verändert sich nicht.
Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu ! Comment appeler la souffrance temporelle
qui pourrait séparer les bien-aimés de Dieu ? Comment appeler l’adversité
qui peut les arracher de la main divine ?
En vérité, ce n’est ni la peur,
ni la persécution, ni la détresse, ni la faim,
ni la nudité, ni le danger, ni la mort.
Il n’existe aucune créature
qui puisse séparer les bien-aimés de Dieu.
Ni les anges, ni les hommes,
ni les principautés, ni la vie, ni la mort,
ni ce qui est, ni ce qui sera,
ni les hauteurs, ni les profondeurs,
ni aucune autre puissance.
Car Dieu a poussé l’amour si haut
qu’il s’est livré par son propre sang
dans son Fils unique et bien-aimé,
qui règne avec lui
sur le trône céleste ;
c’est pourquoi, quoi qu’il arrive,
l’amour divin ne change pas.
1 Greta de Reyghere, soprano
Max van Egmond, basse
Henri Ledroit, contre ténor
