M. Quoist. Prêtre au sol­stice de juin

Vé­ze­lay
Sol­stice d’é­té : le che­min de lu­mière 1

C’était le jour de la Saint-Jean…

Avec la nais­sance de Jean le Bap­tiste, un monde fi­nit et un autre com­mence, un monde où ce qui est im­pos­sible à l’homme s’avère pos­sible à Dieu. Dans une fa­mille, il n’y a pas d’aurore plus char­gée de pro­messe et d’incertitude qu’une nais­sance : que se­ra donc cet en­fant ? Voi­ci que, di­vi­ne­ment, il s’appellera Jean, « Dieu est grâce ». 

Jean, le Pré­cur­seur… qui per­met de sou­li­gner la tâche per­ma­nente du prêtre : té­moi­gner que Dieu est grâce, pro­cla­mer l’irruption im­pré­vi­sible de Dieu dans nos vies. 

Tout prêtre porte le nom de Jean. Plus en­core, il est lui-même Jean, ce­lui qui ne cesse de mon­trer du doigt le Sau­veur. Parce qu’il éprouve jusque dans sa propre vie que tout est grâce, le prêtre de­vient hors d’âge et en tout temps s’affirme homme libre, dé­ta­ché de toute pe­san­teur du pas­sé, de la rou­tine, de la peur. Chaque jour le ser­vice de Dieu et de l’Église se pré­sente à lui comme un frais ma­tin, ac­cueillant la nou­veau­té de l’aujourd’hui de Dieu.

Dans les nuits de la terre, le prêtre ne porte pas seule­ment le se­cret d’une grande es­pé­rance, il est la voix qui crie cette es­pé­rance en plein dé­sert, il est ce­lui qui, par le sa­cre­ment de la ré­con­ci­lia­tion, ap­porte au cœur meur­tri de l’homme l’expérience in­di­cible que tout est pos­sible à Dieu.

A lon­gueur de mois, le prêtre fait vivre la nuit la plus courte de l’année. La nuit où, de­puis le fond des âges, les hommes s’efforcent de je­ter un pont de lu­mière entre le jour qui tombe le plus tard et le jour qui se lève le plus tôt. 

La nuit où, sur les col­lines, de loin en loin, les feux de la Saint-Jean font re­cu­ler les ténèbres.

Prêtre au sol­stice de juin, pour que ne cesse de rou­geoyer le Christ, Lu­mière des na­tions, Lu­mière sans couchant.

Mi­chel Quoist (1921-1997)
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1 A Vé­ze­lay le sol­stice d’été le 21 juin, s’accompagne d’un phé­no­mène im­pres­sion­nant et de toute beau­té : le che­min de lumière.

A 14 heures (mi­di heure so­laire) 9 taches de lu­mière forment un che­min di­vi­sant la ba­si­lique exac­te­ment en deux se­lon son axe lon­gi­tu­di­nal. Le so­leil se trou­vant au zé­nith éclaire le mo­nu­ment sous un angle de 64°.