Pie­ter P. Ru­bens. Scène de nuit (1616)

Fran­cis Pou­lenc (1899-1963), La pe­tite fille sage
Groupe Vo­cal de France, dir. John Alldis

Pie­ter Paul Ru­bens (1577-1640)
Scène de nuit (1616)
Ca­bi­net royal de pein­tures, La Haye

Le ta­bleau est une œuvre de la pé­riode baroque.

Il se dis­tingue par l’u­ti­li­sa­tion dra­ma­tique du clair-obs­cur, for­te­ment in­fluen­cée par les œuvres du peintre ita­lien Ca­ra­vage, que Ru­bens avait vues lors de son sé­jour en Italie.

La vieille femme et le jeune gar­çon tiennent des bou­gies, dont la lu­mière éclaire net­te­ment leurs vi­sages, tan­dis que le reste de la scène s’en­fonce dans une ombre pro­fonde. L’é­clai­rage dra­ma­tique de la com­po­si­tion, où la lu­mière des bou­gies est la seule source lu­mi­neuse, crée un fort contraste entre la lu­mière et l’obs­cu­ri­té. La scène est sou­vent in­ter­pré­tée comme une al­lé­go­rie de la trans­mis­sion du sa­voir ou de l’ex­pé­rience de la gé­né­ra­tion plus âgée à la plus jeune.

Ru­bens conser­vait ce ta­bleau dans son ate­lier et l’u­ti­li­sait comme sup­port d’é­tude pour ses élèves, en tant qu’exemple de la maî­trise de la lu­mière. Ru­bens est consi­dé­ré comme l’ar­tiste le plus in­fluent de la tra­di­tion ba­roque fla­mande. Son style ba­roque unique et ex­trê­me­ment po­pu­laire met­tait l’ac­cent sur le mou­ve­ment, la cou­leur et la sen­sua­li­té, s’ins­cri­vant dans la li­gnée du style ar­tis­tique im­mé­diat et dra­ma­tique pro­mu par la Contre-Ré­forme.
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La pe­tite fille sage est ren­trée de l’‘école avec son pa­nier.
Elle a mis sur la table les as­siettes et les verres lourds.
Et puis elle s’’est la­vée à la pompe de la cour
Sans mouiller son ta­blier.
Et si le pe­tit frère dort dans son pe­tit lit cage,
Elle va s’‘asseoir sur la pierre usée
Pour voir l’é­toile du soir.

Ma­de­leine Ley (1901-1981)