© Schola Bellarmina, Bruxelles

Cibavit eos
Abbaye d’Einsiedeln (~960)
> Codex 121 (1151)
Introitus

Ps 80
17 Il les a nourris de la fleur du froment, alleluia !
Il les a rassasiés avec le miel du rocher ! Alleluia !
Ps 8
2 Criez de joie pour Dieu, notre force,
acclamez le Dieu de Jacob.
Graduale

Ps 144
15 Les yeux sur toi, Seigneur, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
16 tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.
Versus alleluiaticus

Jn 6
55 Ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
56 Celui qui mange ma chair
et boit mon sang
demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
Sequentia

Loue, Sion, ton Sauveur,
loue ton chef et ton pasteur
par des hymnes et des cantiques.
Autant que tu le peux, tu dois oser,
car il dépasse tes louanges
et tu ne pourras jamais trop le louer.

Le sujet particulier de notre louange,
le Pain vivant et vivifiant,
c’est cela qui nous est proposé aujourd’hui.
Au repas sacré de la Cène,
au groupe des douze frères,
il a été clairement donné.

Que notre louange soit pleine et sonore ;
qu’elle soit joyeuse, qu’elle soit belle
la jubilation de nos cœurs.
C’est en effet la journée solennelle
où nous fêtons de ce banquet divin
la première institution.

A cette table du nouveau Roi,
la nouvelle Pâque de la nouvelle loi
met fin à la Pâque ancienne.
L’ordre ancien cède la place au nouveau,
la vérité chasse l’ombre,
la lumière dissipe la nuit.

Ce que le Christ a fait à la Cène,
il a ordonné de le refaire
en mémoire de Lui.
Instruits par ces commandements sacrés,
nous consacrons le pain et le vin
en victime de salut.

C’est un dogme pour les chrétiens
que le pain se change en son Corps
et le vin en son Sang.
Ce que tu ne comprends pas et ne vois pas,
la foi vive l’affirme,
hors de l’ordre naturel des choses.

Sous des espèces différentes,
signes seulement et non réalités,
se cachent des choses sublimes.
Sa Chair est nourriture, son Sang breuvage,
pourtant le Christ tout entier demeure
sous l’une ou l’autre espèce.

Par celui qui le reçoit,
il n’est ni coupé ni brisé, ni divisé :
il est reçu tout entier.
Qu’un seul le reçoive ou mille,
celui-là reçoit autant que ceux-ci
et l’on s’en nourrit sans le détruire.

Les bons le reçoivent, les méchants aussi,
mais pour un sort bien inégal :
pour la vie ou pour la mort.
Mort pour les méchants, vie pour les bons,
vois comme d’une même communion
l’effet peut être différent.

Quand le Sacrement est rompu
ne te laisses pas ébranler,
mais souviens-toi qu’il y a autant
sous chaque fragment que dans le tout.
La réalité n’est pas divisée,
le signe seulement est fractionné ;
mais ni l’état ni la taille
de ce qui est signifié n’est diminué.

Voici le pain des anges
devenu l’aliment de ceux qui sont en chemin,
vrai Pain des enfants
à ne pas jeter aux chiens.
D’avance il est annoncé en figures,
lorsqu’Isaac est immolé,
l’Agneau pascal, sacrifié
la manne, donnée à nos pères.

Ô bon Pasteur, notre vrai Pain,
Jésus, aie pitié de nous,
nourris-nous, protège-nous,
fais-nous voir le bonheur
dans la terre des vivants.
Toi qui sais tout et qui peux tout,
toi qui sur terre nous nourris,
fais que, là-haut, invités à ta table,
nous soyons les cohéritiers et les compagnons
des saints de la cité céleste. Amen. Alléluia !
Thomas d’Aquin
Offertorium

Lv 21
6 Les prêtres du Seigneur
présenteront l’encens et les pains au Seigneur.
Ils seront saints pour leur Dieu
et ne profaneront pas son nom, alleluia !
Communio

1Co 11
26 Chaque fois que vous mangez ce pain
et que vous buvez cette coupe,
vous proclamez la mort du Seigneur,
jusqu’à ce qu’il vienne.
27 Et celui qui aura mangé le pain
ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne
devra répondre du corps et du sang du Seigneur.
Alleluia !
