Que nous soyons l’un pour l’autre

Poi­gnée de main (dexio­sis)
Stèle fu­né­raire grecque (~400 av J.C.)
Mu­sée ar­chéo­lo­gique du Pirée

Que tu sois
mon Dieu ou mon frère,
mon en­fant, ma sœur,
mon ami, mon bien-ai­mé,
le bon­heur c’est ta pré­sence.
Quand tu es là,
l’eau a le goût du vin
et la tem­pête n’est que brise lé­gère.
Quand tu es là,
les liens rom­pus sont res­tau­rés
et tout prend place et sens.
Quand tu es là,
toute tris­tesse s’en­vole
et brûle mon cœur tout au-de­dans de moi.

Le bon­heur, c’est ton ab­sence.
Quand tu n’es pas là,
je me sou­viens de toi
et je reste des heures à te par­ler.
Quand tu n’es pas là,
j’at­tends ton re­tour
et mon at­tente
est che­min vers toi.
Quand tu n’es pas là
per­sistent en moi
ta sa­veur et ton par­fum,
brille en moi
la clar­té de ton visage.

Le bon­heur c’est ta pa­role,
qu’elle soit mur­mure ou tor­rent,
qu’elle ac­quiesce ou pro­teste,
qu’elle soit confi­dence ou pro­messe.
Le bon­heur, c’est ton si­lence
quand tu me re­gardes et me sou­ris,
quand tu te tais pour m’é­cou­ter,
quand tu me laisses à ma li­ber­té.
Dans ton si­lence
chante en moi
le son de ta voix.

Que tu sois
mon Dieu ou mon frère,
mon en­fant, ma sœur,
mon ami, mon bien-ai­mé,
le bon­heur, c’est que tu sois
et que je sois,
et que nous soyons l’un pour l’autre,
et que nous soyons l’un à l’autre
dans la pré­sence ou dans l’ab­sence,
dans la pa­role ou le si­lence,
dans l’ab­so­lu de la confiance.