Ma ré­volte contre ce qui dé­fi­gure la vie

Que ja­mais le bon­heur de la vie n’éteigne en nous
notre ré­volte contre ce qui la dé­fi­gure.
Mais que ja­mais non plus le scan­dale du mal
n’efface en nous la louange de la vie.

Que ja­mais les mots qui nous font vivre :
ten­dresse, plai­sir, li­ber­té, confiance,
ne se re­ferment en des cer­ti­tudes fi­gées,
mais qu’ils soient source d’une quête tou­jours inachevée.

Que notre foi ne soit ja­mais sans le doute,
et que nos doutes ne soient ja­mais sans la confiance.

Que l’émerveillement de re­ce­voir la vie
comme un don, comme une grâce
n’altère pas nos ca­pa­ci­tés d’indignation de­vant l’injustice,
mais sou­tienne en nous la pro­messe
et la pas­sion d’un monde autre.

Tel est le dé­sir qui nous porte !
Telle est la prière qui nous met en route !

Que la pe­tite es­pé­rance nous prenne par la main.
Qu’elle nous en­traîne
sur des che­mins in­at­ten­dus,
et qu’elle chante en nous,
comme un dé­fi,
l’amour de la vie !

Gé­rard Delteil