Te Joseph celebrent1, hymne
Moines de l’Abbaye Notre-Dame, Ganagobie (Provence)

Le songe de saint Joseph, XIIIe s.
Baptistère Saint-Jean
Cathédrale de Florence
Cette mosaïque montre Joseph endormi dans un paysage de montagne. Un ange, portant une banderole avec la mention « a fuis en Égypte », vole vers lui.
L’ange est pieds nus car il est en mission dans le monde. Il porte un nimbe, symbole de gloire et ses ailes sont déployées car il exécute un ordre de Dieu.

Que les chœurs célestes célèbrent ta gloire, ô Joseph ! Que les chrétiens chantent tes louanges !
Glorieux déjà par tes mérites, tu es uni
par une alliance particulière à l’auguste Vierge.
Lorsque, en proie au doute et à l’anxiété,
tu t’étonnes de l’état où se trouve ton épouse,
un Ange vient t’apprendre que l’enfant conçu
l’a été par l’Esprit-Saint.
Le Seigneur est né, tu le presses dans tes bras ;
tu fuis avec lui vers les plages lointaines d’Égypte ;
tu le cherches à Jérusalem et tu le retrouves :
ainsi tes joies sont mêlées de larmes.
D’autres sont glorifiés après une sainte mort,
et sont reçus dans ta gloire ;
mais toi, par une admirable destinée,
tu jouis dès cette vie de la présence de Dieu.
Trinité souveraine, donne-nous le pardon.
Que Joseph nous aide à monter dans les cieux.
Qu’il nous soit donné de chanter à jamais
le cantique de la reconnaissance. Amen.
1 L’hymne Te Joseph, celebrent, agmina caelitum se situe résolument dans le réalisme de l’histoire du salut, puisant son inspiration dans les évangiles de l’enfance. En effet, le texte des trois premières strophes s’inspire des quelques passages de l’Évangile selon saint Matthieu qui font mention de saint Joseph :
- Dans la 1ère strophe, la mention de son alliance avec Marie (« Cásto foédere Vírgini ») renvoie à Mt 1, 18a : « Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ».
- La 2ème strophe se base sur les versets 18b-20 : « avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : ‘Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint.’ » (Mt 1, 18b-20)
- Dans ses deux premiers versets la 3ème strophe illustre la fuite en Égypte, rapportée en Mt 2, 14 : « Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte », et les versets 3 et 4 rapportent pour leur part le mystère du « Recouvrement au Temple ». La conclusion « Míscens gáudia flétibus » évoque enfin la dévotion aux joies et aux douleurs de saint Joseph.
- La 4ème strophe fait remarquer que c’est dès cette vie d’ici-bas que saint Joseph reçut la joie de contempler Dieu (en la personne du Sauveur), alors que les autres élus doivent attendre d’avoir franchi les portes de la mort pour entrer dans la gloire.
- Le 5ème et dernier couplet, en forme de doxologie (typique de la conclusion des hymnes), est toutefois teinté de l’ambiance quadragésimale par la supplique « parce » adressée à la Sainte Trinité. Par la thématique du chant, il place tout le corps de l’hymne dans une belle inclusion entre les chœurs des chrétiens de l’Église militante, exhortés à se renvoyer les louanges de Joseph (1er couplet), et ceux de la liturgie céleste de l’Église triomphante qu’ils aspirent ici à rejoindre.
