▷ Hymne gré­go­rienne. Te Jo­seph celebrent

Te Jo­seph ce­lebrent1, hymne
Moines de l’Ab­baye Notre-Dame, Ga­na­go­bie (Pro­vence)

Le songe de saint Jo­seph, XIIIe s.
Bap­tis­tère Saint-Jean
Ca­thé­drale de Florence

Cette mo­saïque montre Jo­seph en­dor­mi dans un pay­sage de mon­tagne. Un ange, por­tant une ban­de­role avec la men­tion « a fuis en Égypte », vole vers lui.

L’ange est pieds nus car il est en mis­sion dans le monde. Il porte un nimbe, sym­bole de gloire et ses ailes sont dé­ployées car il exé­cute un ordre de Dieu.

Que les chœurs cé­lestes cé­lèbrent ta gloire, ô Jo­seph ! Que les chré­tiens chantent tes louanges !
Glo­rieux dé­jà par tes mé­rites, tu es uni
par une al­liance par­ti­cu­lière à l’auguste Vierge.

Lorsque, en proie au doute et à l’anxiété,
tu t’étonnes de l’état où se trouve ton épouse,
un Ange vient t’apprendre que l’enfant conçu
l’a été par l’Esprit-Saint.

Le Sei­gneur est né, tu le presses dans tes bras ;
tu fuis avec lui vers les plages loin­taines d’Égypte ;
tu le cherches à Jé­ru­sa­lem et tu le re­trouves :
ain­si tes joies sont mê­lées de larmes.

D’autres sont glo­ri­fiés après une sainte mort,
et sont re­çus dans ta gloire ;
mais toi, par une ad­mi­rable des­ti­née,
tu jouis dès cette vie de la pré­sence de Dieu.

Tri­ni­té sou­ve­raine, donne-nous le par­don.
Que Jo­seph nous aide à mon­ter dans les cieux.
Qu’il nous soit don­né de chan­ter à ja­mais
le can­tique de la re­con­nais­sance. Amen.

1 L’hymne Te Jo­seph, ce­lebrent, ag­mi­na cae­li­tum se si­tue ré­so­lu­ment dans le réa­lisme de l’histoire du sa­lut, pui­sant son ins­pi­ra­tion dans les évan­giles de l’enfance. En ef­fet, le texte des trois pre­mières strophes s’inspire des quelques pas­sages de l’Évangile se­lon saint Mat­thieu qui font men­tion de saint Joseph :

  • Dans la 1ère strophe, la men­tion de son al­liance avec Ma­rie (« Cás­to foé­dere Vír­gi­ni ») ren­voie à Mt 1, 18a : « Ma­rie, sa mère, avait été ac­cor­dée en ma­riage à Joseph ».
  • La 2ème strophe se base sur les ver­sets 18b-20 : « avant qu’ils aient ha­bi­té en­semble, elle fut en­ceinte par l’action de l’Esprit Saint. Jo­seph, son époux, qui était un homme juste, et ne vou­lait pas la dé­non­cer pu­bli­que­ment, dé­ci­da de la ren­voyer en se­cret. Comme il avait for­mé ce pro­jet, voi­ci que l’ange du Sei­gneur lui ap­pa­rut en songe et lui dit : ‘Jo­seph, fils de Da­vid, ne crains pas de prendre chez toi Ma­rie, ton épouse, puisque l’enfant qui est en­gen­dré en elle vient de l’Esprit Saint.’ » (Mt 1, 18b-20)
  • Dans ses deux pre­miers ver­sets la 3ème strophe illustre la fuite en Égypte, rap­por­tée en Mt 2, 14 : « Jo­seph se le­va ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se re­ti­ra en Égypte », et les ver­sets 3 et 4 rap­portent pour leur part le mys­tère du « Re­cou­vre­ment au Temple ». La conclu­sion « Mís­cens gáu­dia flé­ti­bus » évoque en­fin la dé­vo­tion aux joies et aux dou­leurs de saint Joseph.
  • La 4ème strophe fait re­mar­quer que c’est dès cette vie d’ici-bas que saint Jo­seph re­çut la joie de contem­pler Dieu (en la per­sonne du Sau­veur), alors que les autres élus doivent at­tendre d’avoir fran­chi les portes de la mort pour en­trer dans la gloire.
  • Le 5ème et der­nier cou­plet, en forme de doxo­lo­gie (ty­pique de la conclu­sion des hymnes), est tou­te­fois tein­té de l’ambiance qua­dra­gé­si­male par la sup­plique « parce » adres­sée à la Sainte Tri­ni­té. Par la thé­ma­tique du chant, il place tout le corps de l’hymne dans une belle in­clu­sion entre les chœurs des chré­tiens de l’Église mi­li­tante, ex­hor­tés à se ren­voyer les louanges de Jo­seph (1er cou­plet), et ceux de la li­tur­gie cé­leste de l’Église triom­phante qu’ils as­pirent ici à rejoindre.