▷ A. Lo­ren­zet­ti. Le Bon Gou­ver­ne­ment (1337-1340)

La fresque du bon et du mau­vais gou­ver­ne­ment peinte par Am­bro­gio Lo­ren­zet­ti dans le pa­lais pu­blic de Sienne (1338) a été conçue pour aler­ter les ci­toyens de la ville du dan­ger de la ty­ran­nie et les sen­si­bi­li­ser aux ver­tus de l’é­qui­libre des pou­voirs. Sienne était au XIVe siècle une ci­té-Etat au­to­nome, une « ré­pu­blique » gé­rée par ses ci­toyens. Comme avec Guer­ni­ca de Pi­cas­so (1937), on est en pré­sence d’une pein­ture po­li­tique : la ré­pu­blique me­na­cée par la sei­gneu­rie rend vi­sible les ef­fets bé­né­fiques de son ac­tion et les dan­gers de la guerre. Lo­ren­zet­ti peint les len­de­mains de la ba­taille : terre morte, dé­po­pu­la­tion, in­cen­dies… Il montre le vi­sage gro­tesque de la ty­ran­nie, illustre le sen­ti­ment d’in­jus­tice qui crée la « fu­ror » ou co­lère du peuple, il peint la di­vi­sion ha­billée de rayures noires et blanches… A l’opposé, il re­pré­sente la concorde par une corde tres­sée dont les ci­toyens li­bre­ment se laissent « en­cor­der »… Du cô­té du « bon gou­ver­ne­ment », la ci­té en paix n’est pas une image idéale, mais une ville en construc­tion aux mul­tiples perspectives.

Dix ans après la fresque de Lo­ren­zet­ti, la po­pu­la­tion de Sienne était dé­ci­mée par la peste et le re­tour des conflits. Re­pré­sen­tée par une al­lé­go­rie dé­vê­tue de son ar­mure, la fi­gure de la Paix est tou­jours aus­si mé­lan­co­lique en 2014 qu’en 1338, car elle sait que les len­de­mains de la ci­té ne sont pas assurés.

Am­bro­gio Lo­ren­zet­ti (1290-1348)
Al­lé­go­rie du Bon Gou­ver­ne­ment (1337-1340)
Pa­laz­zo Pub­bli­co, Sienne 🔍

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