P. Cé­zanne. Les Sai­sons : Le Prin­temps (1860)

Claude De­bus­sy (1862-1918), Rê­ve­rie
Fran­çois-Joël Thiol­lier, pianiste

Paul Cé­zanne (1839-1906)
Le Prin­temps (~1860)
Pe­tit-Pa­lais, Paris

En 1860, Cé­zanne, en­core ins­crit à la fa­cul­té de droit d’Aix, fait ses dé­buts de peintre en dé­co­rant les murs du grand sa­lon du Jas de Bouf­fan sur le thème al­lé­go­rique des sai­sons. ll a vingt ans lorsque son père achète ce do­maine aux en­vi­rons d’Aix-en-Provence.

Jas de Bouf­fan si­gni­fie en Pro­ven­çal la De­meure des vents. La fa­mille Cé­zanne sé­journe à la belle sai­son dans cette grande bâ­tisse du XVIIIe siècle. La sil­houette mas­sive du bâ­ti­ment per­cé de nom­breuses fe­nêtres et les arbres du parc vont ins­pi­rer à Cé­zanne maints ta­bleaux et aqua­relles jus­qu’à la vente de la maison.

L’exécution de ces dé­cors, qui montre dé­jà une bonne connais­sance des tra­di­tions ar­tis­tiques et une re­cherche de style, a contri­bué à convaincre l’austère ban­quier Louis-Au­guste Cé­zanne d’autoriser son fils à re­joindre Pa­ris pour étu­dier l’art, ce qui est chose faite en 1861.

Le do­maine du Jas de Bouf­fan est ven­du en sep­tembre 1899, suite au dé­cès de la mère du peintre. Cé­zanne est alors en contact étroit avec Am­broise Vol­lard dont il peint le por­trait du­rant plu­sieurs mois (por­trait ex­po­sé en salle po­stim­pres­sion­niste). Grâce à ce mar­chand en­tre­pre­nant, les prix de ses œuvres montent en­fin. Est-ce à son ini­tia­tive que les dé­cors de jeu­nesse sont dé­ta­chés de leurs murs d’origine ? On les re­trouve, de fait, dans la suc­ces­sion Vol­lard en 1950 et ac­tuel­le­ment au Pe­tit-Pa­lais à Paris.

Paul Cé­zanne (1839-1906)
Le Prin­temps, L’É­té, L’Au­tomne, L’­Hi­ver (~1860)
Pe­tit-Pa­lais, Paris