Johann Sebastian Bach (1685-1750), Dix-huit Chorales Préludes : Erbarm dich mein, o Herre Gott, BWV 721
Michel Chapuis, Orgue Andersen, Église Saint-Benoît, Ringsted, Danemark

Orgue Andersen
Église Saint-Benoît
Ringsted, Danemark
Les Églises réformées n’observent pas le carême comme une obligation rituelle ou un moyen d’obtenir le salut, rejetant l’idée que des privations puissent « plaire à Dieu » ou mériter la grâce. Cependant, de nombreux réformés pratiquent aujourd’hui cette période de manière libre et personnelle comme un moment privilégié d’écoute, de prière et d’engagement renouvelé au cours duquel chacun essaie de mieux suivre le Christ, de prier, d’entrer dans son enseignement et aussi comme un moment de solidarité avec le monde, renforçant la dimension éthique et diaconale de la foi.
L’Église luthérienne maintient le carême. La tradition musicale, notamment Bach, impose une sobriété, voire une absence de cantates ou de musique festive pour marquer la pénitence.
Ps 50
paraphrasé par Erhart Hegenwalt (1524)
Erbarm’ Dich mein o Herre Gott !
nach Deiner groß’n Barmherzigkeit,
wasch’ ab mach’ rein mein’ Missethat,
ich kenn’ mein’ Sünd’ und ist mir leid ;
allein ich Dir gesündigt hab’,
das ist wider mich stetiglich ;
das Bös’ vor Dir mag nicht bestahn,
Du bleibst gerecht, ob Du urtheilest mich.
Sieh, Herr, in Sünd’ bin ich gebor’n,
in Sünd’ empfing mich mein’ Mutter ;
die Wahrheit liebst, thust offenbarn
Deiner weisheit heimlich’ Güter.
Bespreng mich Herr ! mit Yfopo ;
rein werd’ ich, so Du wäschest mich,
weißer den Schnee ; mein Gehör wird
froh, all’ mein Gebein’ wird freuen sich.
Herr ! sich nicht an die Sünde mein,
thu’ ab all’ Ungerechtigkeit,
und mach’ in mir das herze rein,
ein’n neuen Geist in mir bereit’.
Verwirf mich nicht von Dein’m Angesicht,
Dein’n heil’gen Geist wend’ nicht von mir :
die Freud’ Dein’s Heils, Herr, zu mir richt,
der willig’ Geist enthalt mich Dir.
Die Gottlos’n will ich Deine Weg’,
die Sünder auch dazu lehren,
daß sie vom bösen falschen Steg ;
zu Dir durch Dich sich bekehren.
Beschirm’ mich, Herr, mein’s Heils ein Gott,
vor dem Urtheil durch’s Blut bedeut’t.
Mein’ Zung’ verkünd’t Dein recht’s Gebot ;
schaff, daß mein Mund Dein Lob ausbreit’.
Kein leiblich Opfer von mir heisch’st,
ich hätt’ Dir das auch gegeben ;
so nimm nun den zerknirschten Geist,
betrübt’s und traurig’s Herz daneben ;
verschmäh nicht, Gott, das Opfer mein,
thu’ wohl in Deiner Gütigkeit
dem Berg Zion, da Christen sein,
die opfern Dir Gerechtigkeit.
Erhart Hegenwalt (1524)
Pitié pour moi, mon Dieu,
selon ta grande miséricorde,
efface mon péché.
Oui, je connais mon péché.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché.
Ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur.
Je serai purifié, là où tu m’as lavé.
Lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Ils danseront, les os que tu broyais.
Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur.
Renouvelle et raffermis mon esprit.
Ne me rejette pas de ta vue.
Ton Esprit Saint ne me quitte pas.
Rends-moi la joie d’être sauvé.
Que l’esprit généreux me soutienne.
Aux incroyants et aux pécheurs
j’enseignerai tes chemins.
Vers toi, reviendront les égarés.
Ils quitteront le mauvais chemin.
Dieu, mon Dieu sauveur,
libère-moi du sang versé,
et ma langue acclamera ta justice.
Ma bouche annoncera ta louange.
Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu,
c’est un esprit brisé.
tu ne repousses pas un cœur brisé
dans ta bonté.
Accorde à Sion le bonheur,
qui t’offrent la justice.
