Si tu crois qu’elle est pos­sible, la paix viendra

Si tu crois qu’un sou­rire est plus fort qu’une arme,
si tu crois à la puis­sance d’une main of­ferte,
si tu crois que ce qui ras­semble les hommes
est plus im­por­tant que ce qui di­vise,
si tu crois qu’être dif­fé­rent est une ri­chesse
et non pas un dan­ger,
si tu sais re­gar­der l’autre avec un brin d’a­mour,
si tu pré­fères l’es­pé­rance au soup­çon,
si tu es­times que c’est à toi de faire le pre­mier pas,
plu­tôt qu’à l’autre,

si le re­gard d’un en­fant par­vient en­core à désar­mer ton coeur,
si tu peux te ré­jouir de la joie de ton voi­sin,
si l’in­jus­tice qui frappe les autres te ré­volte
au­tant que celle que tu su­bis,
si pour toi l’é­tran­ger est un frère qui t’est pro­po­sé,
si tu sais don­ner gra­tui­te­ment un peu de ton temps par amour,
si tu ac­ceptes qu’un autre te rende service,

si tu par­tages ton pain
et que tu saches y joindre un mor­ceau de ton cœur,
si tu crois qu’un par­don va plus loin qu’une ven­geance,
si tu sais chan­ter le bon­heur des autres
et dan­ser leur al­lé­gresse,
si tu peux écou­ter le mal­heu­reux qui te fait perdre ton temps
et lui gar­der ton sou­rire,
si tu sais ac­cep­ter la cri­tique et en faire ton pro­fit,
sans la ren­voyer et te justifier,

si tu sais ac­cueillir et adop­ter un avis dif­fé­rent du tien,
si pour toi l’autre est d’a­bord un frère,
si la co­lère est pour toi une fai­blesse, non une preuve de force,
si tu pré­fères être lé­sé que faire tort à quel­qu’un,
si tu re­fuses qu’a­près toi ce soit le dé­luge,
si tu te ranges du cô­té du pauvre et de l’op­pri­mé
sans te prendre pour un héros,

si tu crois que l’a­mour est la seule force de dis­sua­sion,
si tu crois que la paix est pos­sible,
alors la paix viendra.

Pierre Guil­bert