Ni­co­las de Staël. Si­cile vue d’Agrigente

Franz Schu­bert (1797-1828), Ro­sa­munde, En­tr’acte no 3
Ber­li­ner Phil­har­mo­ni­ker, dir. Clau­dio Aba­do (2009)

Ni­co­las de Staël (1914-1955)
Si­cile vue d’A­gri­gente (1954)
Mu­sée de Grenoble

Les com­po­si­tions géo­mé­triques, ses em­pâ­te­ments épais et ses plages de cou­leurs vives font de l’œuvre de Ni­co­las de Staël une créa­tion émi­nem­ment abs­traite. Plus tard dans sa car­rière, le peintre pro­pose une pein­ture qui re­noue un peu plus avec le réel. De ce fait, son œuvre ques­tionne pro­fon­dé­ment l’opposition entre abs­trac­tion et fi­gu­ra­tion. Peintre mi­nu­tieux, il don­ne­ra nais­sance à quelques-unes de ses plus grandes pein­tures de pay­sages après des études pré­cises faites au crayon et à l’encre. 

S’accordant beau­coup de li­ber­té quand à la re­pré­sen­ta­tion de la réa­li­té, il pro­duit plu­sieurs œuvres met­tant en avant les pay­sages de Si­cile, dont il est tom­bé amou­reux lors de son voyage en Ita­lie en 1953. Ja­mais il ne pro­pose une pein­ture de pay­sage iden­tique à la pré­cé­dente. La lu­mière, tout comme la ma­tière ou les formes choi­sies, sont sys­té­ma­ti­que­ment différentes.

Grâce à des aplats de cou­leurs vives, Staël tente de fixer sur la toile l’essence du pay­sage qu’il re­pré­sente, par l’utilisation de lignes pures et de cou­leurs stri­dentes. Le vio­let et le vert tentent de trou­ver leur point d’équilibre avec les tons ocres et le rouge. La ligne d’horizon per­met une dis­tinc­tion très nette du ciel et de la terre. De telles cou­leurs peuvent sur­prendre lorsque l’on sait que son voyage en Si­cile se passe en plein mois d’août, à une époque où les pay­sages sont arides, secs, brû­lés par la cha­leur du so­leil. Mais l’arbitraire des teintes chez ce peintre ren­voie di­rec­te­ment à sa vo­lon­té de re­trans­crire la sen­sa­tion re­çue.
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