▷ החנוכה, ‘Ha­nou­ka, Fête des lumières

> De lu­mière en lu­mière
Jo­sy Ei­sen­berg et Mi­chaël Azou­lay, rab­bins, © France 2 

החנוכה, ‘Ha­nou­ka, Fête des lu­mières
Du di­manche soir 28 no­vembre au lun­di 6 dé­cembre 2021

La fête de ‘Ha­nou­ka, fête des lu­mières, dé­bute le 25 Kis­lev et dure huit jours. Elle cé­lèbre le mi­racle qui se pro­dui­sit au Temple lors de la do­mi­na­tion grecque. 

‘Hha­nou­ka est le sym­bole de la ré­sis­tance du peuple juif face à l’op­pres­sion idéo­lo­gique. Par cette fête il ré­af­firme chaque an­née sa fier­té de conser­ver son hé­ri­tage re­li­gieux à tra­vers les siècles.

‘Ha­nou­ka est une contrac­tion de Hha­nou 25 (ils se sont re­po­sé [de l’op­pres­sion] le 25). On y al­lume pen­dant huit jours les bou­gies d’un chan­de­lier à huit branches : une bou­gie de plus chaque jour. Les en­fants jouent avec une tou­pie à sur les quatre cô­tés de la­quelle sont ins­crites les ini­tiales de la phrase : « Il y eut là un grand miracle ».

Au IIIe siècle avant l’ère cou­rante, la dy­nas­tie gré­co-égyp­tienne de Pto­lé­mée ré­gnait sur la Ju­dée. Elle y le­vait de très lourds im­pôts agri­coles, par le biais de per­cep­teurs juifs bien ré­tri­bués, et ac­cor­dait des pri­vi­lèges aux dé­la­teurs. Len­te­ment, les classes hautes dans les villes fa­vo­ri­sèrent l’as­si­mi­la­tion grecque, les pay­sans s’y op­po­sèrent, et Jé­ru­sa­lem était par­ta­gée. Les Pto­lé­méens lais­saient son au­to­no­mie au Grand Prêtre dans ses rôles re­li­gieux et administratifs.

En 200 avant l’ère cou­rante, Pto­lé­mée IV fut vain­cu par le gré­co-sy­rien An­tio­chus III, roi des Sé­leu­cides, qui était son ri­val dans la suc­ces­sion de l’empire d’A­lexandre le Grand. Il pro­mit la ré­duc­tion des taxes, et les juifs de Jé­ru­sa­lem l’ai­dèrent à chas­ser les gar­ni­sons de Pto­lé­mée. Tout sem­bla ren­trer dans l’ordre.

Mais le ré­pit ne du­ra pas. En -190, An­tio­chus III es­suya une ter­rible dé­faite contre les Ro­mains, qui exi­gèrent un tri­but de guerre consi­dé­rable, plon­geant les Sé­leu­cides dans de graves dif­fi­cul­tés fi­nan­cières. L’im­pôt fut ré­ta­bli en Judée.

An­tio­chus IV, fils violent et agres­sif, mon­ta sur le trône en -175. Yo­shua, hel­lé­niste qui se fai­sait ap­pe­ler Ja­son, com­plo­ta pour chas­ser son frère le Grand Prêtre tra­di­tio­na­liste Yo­na­than. Il pro­mit à An­tio­chus la construc­tion d’un gym­na­sium à Jé­ru­sa­lem pour les jeux olym­piques. Trois ans plus tard, Ja­son fut à son tour usur­pé par Mé­né­laus son per­cep­teur, qui al­la jus­qu’à dé­ro­ber des ob­jets sa­crés du Temple, pour s’at­ti­rer les fa­veurs du roi. Yo­na­than le dé­non­ça mais fut as­sas­si­né, ce qui sus­ci­ta en cas­cade de grandes ré­voltes et des exé­cu­tions som­maires par­mi les juifs. Ils com­prirent alors qu’il fal­lait me­ner une lutte unie contre l’oc­cu­pant syrien.

Après des dé­boires mi­li­taires avec Rome, An­tio­chus, hu­mi­lié et ren­for­cé dans la vio­lence, com­men­ça en 168 une cam­pagne de ter­reur sur la Ju­dée. Il en­voya sur Jé­ru­sa­lem son gé­né­ral Apol­lo­nius. L’ar­mée en­tra un jour de Sha­bat, tua les gens dans les rues et dé­mo­lit les mai­sons. La po­pu­la­tion s’en­fuit de Jé­ru­sa­lem qui fut oc­cu­pée par Grecs et Sy­riens. Mais le stra­ta­gème était de bri­ser la ré­sis­tance juive par sa source : la religion.

An­tio­chus abo­lit le ser­vice du Temple. Il fit bri­ser les fioles d’­huile sa­crée qui ser­vait au Chan­de­lier dont les flammes de­vaient briller conti­nuel­le­ment. La cir­con­ci­sion, l’é­tude de la To­rah et l’ob­ser­vance du Sha­bat et de la Kash­rout furent in­ter­dits sous peine de mort. La par­ti­ci­pa­tion au culte grec fut ren­due obli­ga­toire. Qui re­fu­sait de se conver­tir était exé­cu­té. Le 15 Kis­lev, un au­tel à Zeus fut éri­gé de­vant ce­lui de l’É­ter­nel dans le Temple de Jé­ru­sa­lem ; le 25 Kis­lev, le pre­mier sa­cri­fice païen y fut offert.

Les re­li­gieux qui conti­nuèrent la pra­tique du ju­daïsme et l’é­tude de la To­rah le firent en ca­chette. Lorsque les sol­dats grecs les ar­rê­taient, ils men­taient sur leurs ac­ti­vi­tés (en pré­ten­dant jouer à des jeux de ha­sard par exemple — c’est l’o­ri­gine de la toupie).

Alors dé­bu­ta la ré­volte or­ga­ni­sée, conduite par Mat­ti­tya­hou le Hash­mo­néen et ses fils, connus sous le nom de Mac­ca­bées. Mat­ti­tya­hou prit une im­por­tante dé­ci­sion : en cas d’at­taque le jour du sha­bat, il fal­lait se dé­fendre, afin de neu­tra­li­ser la tac­tique sy­rienne qui ex­ploi­tait per­fi­de­ment cette fai­blesse. Mat­ti­tya­hou mou­rut en -166, mais son fils Ye­hu­da Mac­ca­bi me­na la ré­bel­lion si bien que les Sy­riens furent mis en dif­fi­cul­té. Chaque ba­taille vic­to­rieuse ap­por­tait plus de ma­té­riel de guerre. Ye­hu­da tua lui-même Apol­lo­nius. An­tio­chus ne pou­vait plus igno­rer la ré­bel­lion. Il en­voya ses deux gé­né­raux Gor­gias et Ni­ca­nor, qui furent vain­cus à leur tour.

Ye­hu­da avait la voie libre sur Jé­ru­sa­lem, qui fut li­bé­rée. Le Temple fut res­tau­ré, les sta­tues païennes dé­truites, et l’Au­tel fut re­cons­truit. Il fut aus­si­tôt inau­gu­ré le 25 Kis­lev 3596, soit en l’an -165 de l’ère cou­rante, exac­te­ment trois an­nées après sa profanation.

Mais, pour al­lu­mer la Mé­no­rah, l’on ne re­trou­va qu’une pe­tite fiole d’­huile pure. La quan­ti­té ne suf­fi­sait qu’à brû­ler pen­dant un jour. Or il fal­lait huit jours pour pro­duire de la nou­velle huile pure pour le Temple. C’est alors que le mi­racle de ‘Ha­nou­ka se pro­dui­sit, ap­pro­ba­tion de Dieu quant à la lutte pour pré­ser­ver le culte juif : l’­huile de la pe­tite fiole brû­la pen­dant huit jours, et la Mé­no­rah n’eut pas à s’éteindre.

L’an­née sui­vante, les Sages dé­cré­tèrent que ces huit jours se­raient des jours de fête et de ré­jouis­sance. Tous les ans, lors de la fête de ‘Hha­nou­ka, on al­lume un chan­de­lier à huit branches, chaque jour une nou­velle bougie.